Égalité femmes-hommes

Blog de la commission Égalité femmes-hommes de la section PS de Paris 11e

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lundi 26 juillet 2010

Compte-rendu de la formation au féminisme du mercredi 16 juin

Pourquoi le combat féministe est-il inhérent au combat socialiste ? Séance de formation sur l’égalité femmes-hommes

1. PRÉSENTATION DU LIEU Jean-Jacques Sommerard présente Artisans Nature, au 123 rue Saint-Maur : un atelier-boutique réunit trois artisans (un distillateur d’eaux florales, un producteur de miel et un spécialiste des cosmétiques) et finance School, une association qui scolarise des enfants à Madagascar. Plus d’informations (page « liens ») sur : http://www.sevessence.com/

2. ACTUALITES Cf le post précédent. Il est proposé de compléter le « Pass contraception » créé en Ile de France par une liste de praticiens conventionnés.

3. FORMATION SOCIALISTE AU FÉMINISME La formation s’appuie non seulement sur le dépliant « Le féminisme pour les socialistes » mais aussi su le cahier de formation n°17 du Parti socialiste, réalisé par Caroline de Haas, Andréa Fuchs, Christine Rimbault et Bruno Lapeyre : « Etre socialiste, c’est être féministe » (mars 2010) et notamment sur son questionnaire.

• Etat des lieux et objectif de la formation : Les droits des femmes aujourd’hui La situation actuelle des femmes met en valeur leur réelle autonomie professionnelle, mais toujours des inégalités d’accès aux postes à responsabilité, des inégalités salariales, donc des inégalités dans les droits à la retraite. Cette absence des femmes aux postes de direction se lit dans les milieux institutionnels, mais aussi associatifs. Parmi ses facteurs, nombreux, il y a l’éducation (avec le clivage littéraire/scientifique au lycée et au-delà, mais aussi très en deçà, à l’école primaire, voire maternelle). Nous conservons, homme ou femme, l’idée que le pouvoir est de l’ordre masculin. En témoignent la faible représentation des femmes à l’Assemblée, au Sénat, leur nombre négligeable à la tête d’exécutifs locaux, les ricanements qui accompagnent l’annonce, par une femme, d’une ambition présidentielle.

L’homme règne sur l’espace public, la femme sur l’espace domestique. Ces deux espaces ne sont pas équivalents…On observe même qu’ils fonctionnent en vases communicants : 80% des tâches ménagères accomplies par les femmes, 80% d’hommes aux postes à responsabilité. Il s’agit bien d’une incapacité attribuée aux femmes. Si l’homme moderne en prend sa part, l’arrivée du premier enfant conduit le plus souvent le couple à reproduire les schémas parentaux, et à considérer le congé paternité comme des vacances supplémentaires.

Par ailleurs, ces présupposés conduisent à se demander si : La femme étant une chose que l’on protège, est-elle maîtresse de son corps ? Oui, nous disent les textes de loi ; non, nous répondent les statistiques criminelles (violences conjugales et viols) ; non, disons-nous nous-mêmes, si nous ne lui donnons pas les moyens de concevoir quand et avec qui elle le souhaite, sans enrober le droit à l’avortement (qui n’en est pas un puisqu’il n’est pas opposable) ou la contraception dans un discours culpabilisant. Notre sentiment de commune humanité s’érode alors. Comme le rappelle Elisabeth Badinter, au collège les « Bretonnes » peuvent porter des jupes, pas les filles maghrébines.

En somme, que décrivons-nous, sinon une domination masculine ? L’énormité du terme ne peut nous faire oublier la complexité de la réalité qu’il recouvre. Cette domination est d’autant plus puissante qu’elle s’ignore, qu’elle est véhiculée par des femmes, ou encore, et peut-être le pire, qu’elle est à ce point ancrée dans nos mœurs que nous confondons la raison, la justice, avec l’empire que l’habitude exerce sur nos esprits. A quoi cette domination s’oppose-t-elle ? Comment y remédier ? Nous voyons qu’elle est question d’éducation, d’accès au savoir des femmes… et des hommes. C’était cela que Condorcet appelait l’égalité réelle.

• Pourquoi le combat féministe est inhérent au combat socialiste

Le principe d’égalité entre les femmes et les hommes est inscrit dans notre déclaration de principes (articles 2 : L’égalité est au cœur de notre idéal et 15 : Le Parti socialiste est féministe. Il agit en faveur de l’émancipation des femmes. Il œuvre pour l’égalité entre les femmes et les hommes, la parité et la mixité de la société. Il garantit aux femmes l’accès aux droits fondamentaux qui assurent la maîtrise de leur corps. Il défend l’égalité salariale et professionnelle entre les hommes et les femmes.) comme dans nos statuts (notamment aux articles 7.16 : représentation des femmes dans le parti ; 1.6 : constitution des instances de direction et 9.1.4 : parité pour les scrutins de liste).

Le socialisme est une lutte pour l’émancipation. Le désir de liberté est le même pour les femmes et pour les hommes, comme en témoignent les grands combats pour la libération des femmes, qui marquent aussi des progrès pour les deux sexes dans leur ensemble. La domination masculine est une domination, c'est-à-dire une oppression d’un genre sur un autre, que l’on peut assimiler à l’oppression d’une classe sur une autre.

Malgré la législation, les graves inégalités qui demeurent entre femmes et hommes doivent nous alerter sur la résistance de notre société, y compris de notre parti même, au progrès social.

Les prochaines échéances, dont on souhaite généralement qu’elles soient cantonnées aux « droits des femmes » concernent également les deux sexes, qu’il s’agisse de la volonté de déconnecter la famille de la biologie (par exemple, avec la gestation pour autrui) ou d’assurer une meilleure conciliation des temps professionnels, sociaux (politiques, associatifs) et familiaux.

• Comment faire pour changer les choses

 en respectant la loi, en étant conscients de ses limites et en lui donnant des moyens d’application  en rénovant notre système d’éducation pou qu’il propose une instruction renouvelée, citoyenne, qui initie aux droits individuels, attachés à la personne humaine, quel que soit son sexe  en imposant une formation continue ; dans les entreprises, dans les institutions  en se mobilisant le 8 mars, le 25 novembre et à tout autre moment pour défendre les droits des femmes  en étant vigilants sur le respect de la parité au sein de notre propre parti

4. PROPOSITION DE CALENDRIER POUR L’ANNEE PROCHAINE

1. Atelier pour recenser les stéréotypes de la vie courante (application de la formation) et déconstruction – Focus sur Bourdieu 2. Séance de préparation de l’AG sur la parentalité (avec la commission « Institutions et démocratie) 3. Comment éduquer à l’égalité dès le plus jeune âge (avec Frédéric Oyhanondo) 4. Parité et renouvellement dans la culture

Bonnes vacances à toutes et à tous !

Actualités féministes au 20 juillet 2010

1. Création d’une « Organisation des Nations-Unies femmes » le 2 juillet

L'Assemblée générale, où siègent les 192 Etats membres des Nations unies, a adopté à l'unanimité une résolution portant création de cette "Entité de l'ONU pour l'égalité de genre et l'autonomisation des femmes". Elle s'inscrit dans la réforme globale de l'ONU entamée en 2005, dont l'un des volets est de donner plus de cohérence à ses nombreux organes. La nouvelle structure sera dirigée par une personne ayant grade de secrétaire général adjoint, sous l'autorité directe du chef de l'ONU, Ban Ki-moon. Elle rassemblera sous sa coupe les activités de plusieurs organes de promotion des droits des femmes. Ainsi la Division pour l'avancement des femmes (DAW), fondée en 1946, l'Institut international de recherche et de formation pour l'avancement des femmes (Instraw, 1976), le Fonds de développement des Nations unies pour les femmes (Unifem, 1976) et le Bureau du conseiller spécial pour les questions de genre et l'avancement des femmes (Osagi, 1997) seront fusionnés dans la nouvelle entité.

2. La Marche des femmes a rassemblée près de 3 000 militant-e-s samedi 12 juin

La Marche des femmes partie le 8 mars (arrivée prévue le 17 octobre au Congo) pour son passage à Paris ce samedi ce samedi a réuni entre 2 000 et 3 000 personnes pour le droit à l’avortement et à l’égalité professionnelle.

3. La PPL déposée par le PS en faveur de la parité a été rejetée

Le 25 mai, l'Assemblée nationale a rejeté par 290 voix contre 213 une proposition de loi socialiste visant à priver de toute aide publique les partis qui ne respecteraient pas la parité aux élections législatives. Ils seraient également pénalisés par une retenue financière en cas de parité non effective parmi les élu-e-s. La députée UMP Chantal Brunel ayant déposé, fin avril, sa propre proposition de loi demandant des mesures financières contraignantes envers les partis ne respectant pas la parité, qui n’est toujours pas à l'ordre du jour, la proposition socialiste n’avait aucune chance d’être votée.

4. Les gender studies ont pignon sur rue à Sciences-Po

Sciences-Po Paris ouvre une chaire consacrée à la question du «sexe social» (c’est à dire la différenciation et la hiérarchisation des sexes fondées sur l’excuse du sexe biologique) Le projet est intitulé Presage (Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre). Les cours seront obligatoires dès 2011 pour tous les élèves (55% de filles, 45% de garçons). Les deux économistes de l’OFCE à l’origine du projet, Françoise Milewski, et Hélène Périvier, spécialistes de l’emploi des femmes, des inégalités de sexe sur le marché du travail et des politiques sociales et familiales, ont souhaité que le programme soit «transversal et pluridisciplinaire» et comprenne du droit, de la philo, des sciences politiques, de l’histoire, de la psychologie. «Ce n’est pas un programme sur les femmes ou féministe», précise bien Françoise Milewski. Il s’intéresse aussi aux hommes, aux rapports de sexe. Les historiennes Joan Scott et Michèle Perrot, les philosophes Elisabeth Badinter et Geneviève Fraisse, ainsi que l’anthropologue Françoise Héritier devraient participer au conseil scientifique. Les gender studies seront par ailleurs abordées dans des «enseignements professionnalisants» : la branche gestion des ressources humaines, ou l’école de journalisme par exemple. Sans compter un volet adressé aux entreprises, associations, ou collectivités locales en demande de formation car confrontées aux nouvelles lois, par exemple sur les quotas de femmes dans les conseils d’administration, ou à la jurisprudence.

5. L’observatoire de la parité a été relancé le 1er juillet par le Premier ministre

Les 37 membres, sous l’égide de la rapporteure générale Chantal Brunel, ont pour mission de faire progresser la situation des femmes en France. Mais la constitution très contestée de l’observatoire, son manque de moyens, et le désintérêt des pouvoirs publics amoindrissent ses chances de réussite.

En pleine réforme des retraites et des collectivités territoriales, la parité va mal. L’écart entre la retraite des hommes et celle des femmes s’élève à 38 % alors qu’elles quittent la vie active en moyenne deux ans après les hommes. Une inégalité qui s’explique par la différence (de 10 à 15 %) de leurs salaires, le temps partiel et les interruptions de carrières des femmes.

Sur le dossier des collectivités territoriales, le choix du scrutin uninominal, aux dépends d’un système proportionnel, menace de réduire la part des femmes dans les conseils territoriaux à peau de chagrin : 17% contre 47 % dans les actuels conseils régionaux. Le précédent observatoire comptait de nombreux spécialistes en sciences humaines, ainsi que des associations comme Elles aussi et la Fédération Nationale solidarité femmes. Des postes aujourd’hui laissés à des parlementaires, dont le nombre a considérablement gonflé, passant de 8 à 14, et le parti de la majorité est très largement représenté.

6. Contraception

La loi HPST permet de se voir délivrer la pilule avec une ordonnance périmée (Elle, 2 juin 2010) Les infirmières pourront renouveler les ordonnances de pilules contraceptives datant de moins d’un an, les pharmaciens pourront les délivrer même avec une prescription « périmée ». Ces mesures étaient inscrites dans la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » (HPST) de la ministre de la Santé Roselyne, votée en juin 2009. Toutes les pilules contraceptives existantes sont concernées par l'arrêté, a précisé le ministère. Une décision qui n’est pas du goût de l’Ordre des médecins. Dans un communiqué, il invite les médecins à indiquer sur l'ordonnance, dès qu'ils l'estimeront nécessaire, la mention « non renouvelable ». Problème majeur pour cette organisation professionnelle : tous les contraceptifs oraux sont concernés, y compris donc ceux qui ont des indications très particulières et par conséquent une prise en charge spécifique. Ce qui est « susceptible de faire courir des risques aux patientes et d'entraîner une prise en charge dégradée », estime le Conseil national de l’Ordre des médecins.

Pour le remboursement de tous les contraceptifs Le Mouvement Français pour le Planning Familial a organisé des journées « Portes ouvertes » les 28 et 29 mai pour que «les femmes puissent exercer librement leur droit à la contraception». Il existe plus d’une dizaine de méthodes mais certaines ne sont pas remboursées. Or, la contraception doit être adaptée aux situations professionnelles, sexuelles, sentimentales des femmes. Par exemple, pour une hôtesse de l’air, prendre une pilule à heure régulière, ce n’est pas évident. Dans les textes officiels, c’est «la» contraception qui doit être remboursée. Pourquoi pas toutes ? Il y a un vrai problème de formation initiale des médecins mais aussi un fond de culpabilisation : «Ma fille, tu veux la contraception, débrouille-toi !

Le Pass contraception mis en œuvre en Ile de France Jean-Paul Huchon, président du conseil Régional, a annoncé vouloir mettre en place un « Pass contraception » dès la rentrée prochaine. A retirer auprès des infirmières scolaires des lycées et centres de formation, ce « chéquier contraceptif » donnera accès à des consultations médicales et à six mois de contraceptifs de manière anonyme et gratuite.

Par ailleurs, la vice-présidente de la région, Henriette Zoughebi, a demandé ce lundi 14 juin que les internats des lycées parisiens encore non-mixtes puissent accueillir des filles à la rentrée prochaine, afin de lutter contre la discrimination sexuelle dans la préparation aux grandes écoles. Sur les sept internats d’élèves de classes préparatoires que compte Paris intra-muros, seuls deux sont mixtes et les cinq autres sont des internats de garçons (Henri-IV, Chaptal, Dorian, Janson-de-Sailly et Jean-Baptiste-Say).

7. Droit à l’avortement

Les Espagnoles peuvent désormais avorter librement. Une loi, qui entre en vigueur lundi 5 juillet, autorise les interruptions de grossesse à 14 semaines sans justification, et jusqu'à 22 semaines s'il existe un risque pour la santé de la mère ou si le fœtus présente des malformations. Jusqu'à présent, la loi n'autorisait l'avortement qu'en cas de viol (12 semaines), de malformations du fœtus (22 semaines) ou de "danger pour la santé physique ou psychologique de la mère" (sans limitation de temps). L'immense majorité des avortements réalisés en Espagne étaient pratiqués pour"risque psychologique".

8. Retraites : ne pas oublier les femmes

La réforme annoncée par le gouvernement ne prend pas en compte deux facteurs : démographique (il y a plus de femmes âgées que d'hommes et ce phénomène s'accentue avec l'âge car les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes) et économique (les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes se répercutent sur le niveau des pensions et des retraites). On ne peut donc feindre d'ignorer qu'en raison de carrières professionnelles différentes et des inégalités salariales persistantes les femmes se constituent beaucoup moins de droits propres que les hommes. De ce fait et malgré les effets compensateurs des droits conjugaux et familiaux, leurs retraites sont toujours très inférieures à celles des hommes (825 euros mensuels pour les unes contre 1 426 pour les autres en décembre 2008). En outre, elles sont bien plus dispersées, entre celles qui ont eu une carrière complète et celles qui ont travaillé de façon interrompue ou précaire. On pense souvent que le taux d'activité des femmes augmentant au fil des générations, les écarts de pension entre hommes et femmes vont se résorber. C'est ignorer que ce sont toujours les femmes qui interrompent leur carrière pour élever les enfants et que ce sont toujours les femmes qui sont les premiers salariés à temps partiel contraint, voire à temps très partiel depuis le début des années 1980.

9. Violences faites aux femmes

La proposition de loi sur les violences faites aux femmes a été adoptée le 29 juin par le Parlement. Parmi les mesures phares du texte figurent la création d’un «délit de violence psychologique», une ordonnance de protection pour les victimes délivrée par un juge aux affaires familiales (quatre mois renouvelables) et l'expérimentation pour trois ans du bracelet électronique destiné à maintenir à distance le conjoint violent. Enfin, la journée nationale de sensibilisation aux problèmes des violences conjugales est instaurée le 25 novembre. Pour ne pas retarder l’adoption du texte, les députés ont décidé de ne pas le changer en deuxième lecture. «La litanie morbide des femmes tuées sous les coups de leur compagnon est insupportable et nous ne pouvons supporter de voir le texte retardé», a déclaré Danielle Bousquet (PS), co-auteure du texte, bien qu’elle ait regretté des «dispositions restrictives» apportées par les sénateurs. Ces derniers ont par exemple changé le titre du texte dans le but, selon eux, de prendre en compte les violences faites aux hommes. En effet, bien qu’elles soient plus rares, ces situations existent. Ainsi, le texte s’intitule «proposition de loi relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein du couple et aux incidences de ces dernières sur les enfants».

10. Accouchement sous X

Le secret ne sera pas levé Le tribunal de grande instance d’Angers a débouté la demande de grands-parents qui voulaient un droit de garde ou un droit de visite de leur petite-fille née sous X en juin 2009. Les juges ont refusé de contester le statut de pupille d’Etat de la fillette et ont nié tout « lien de filiation » avec les grands-parents, considérant que ceux-ci « ne peuvent se prévaloir d'un lien de filiation qui est rompu par l'accouchement sous X non plus que d'un lien affectif (…) alors qu'ils n'ont qu'une seule fois aperçu l'enfant ».

Le Premier ministre demande un état des lieux François Fillon a confié une mission de réflexion à Brigitte Barèges (députée UMP du Tarn et Garonne) sur l’accouchement dans l’anonymat ou accouchement sous X, autour de 3 points essentiels : procéder à un état des lieux de la législation actuelle en France et dans d’autres pays, évaluer les avantages et inconvénients, faire des recommandations sur l’opportunité d’une éventuelle évolution du droit d’accoucher dans le secret et en déterminer les modalités de mise en œuvre. Nadine Morano, secrétaire chargé de la famille et de la solidarité, avait proposé, dans un rapport remis en 2006, une évolution à moyen terme de l’accouchement dans le secret vers un accouchement « dans la discrétion ». Selon un sondage commandité par l’UNICEF, 67 % des adultes et 87 % des enfants pensent que la recherche des origines est légitime.

11. Pas de bébés à la consigne !

Un décret publié au Journal Officiel le 8 juin assouplit les conditions d’accueil dans les crèches, au grand dam des professionnels de la petite enfance, qui se sont mobilisés depuis trois mois en vain au sein du collectif « Pas de bébés à la consigne ». Le texte permet ainsi l’inscription en surnombre (20% de plus pour les grosses structures, qui comprennent plus de 40 lits, 15% pour les crèches de 20 à 40 places, et 10% pour les plus petites) et augmente la proportion de personnels moins qualifiés mais disposant d’une expérience. Le taux d’encadrement par des puéricultrices, éducateurs jeunes enfants, infirmiers ou encore psychomotriciens diplômés d’Etat passe ainsi de 50% à 40%. Enfin, le décret instaure des jardins d’éveil - une structure privée intermédiaire entre la crèche et l’école maternelle Il manque en France quatre cent mille places pour l’accueil des tout-petits. Le gouvernement a prévu d’en créer deux cent mille, dont la moitié chez les assistantes maternelles et l’autre en accueil collectif. Il n’accroît pas le nombre d’assistantes maternelles mais augmente leur responsabilité en élargissant l’agrément à quatre enfants au lieu de trois, au moment où leur formation initiale pourrait se voir sacrifiée. Pour les crèches, soixante-seize mille places sont évoquées dont quarante mille seraient magiquement obtenues en organisant un « surbooking » des structures avec 20 % d’inscrits en surnombre. La Cnaf n’a en conséquence prévu de financer que trente mille nouvelles places entre 2009 et 2012.

12. Le Comité consultatif national d’éthique s’oppose à la légalisation de la gestation pour autrui

Le CCNE exprime ses réserves dans un avis rendu le 6 mai : "Pour la grande majorité des membres du comité, l'ensemble des arguments favorables au maintien de la législation en vigueur l'emportent sur ceux qui sont favorables à la légalisation de ce procédé, même de manière limitée et contrôlée", estime le Comité dans un texte signé par vingt de ses membres à la veille du débat parlementaire sur la révision des lois de bioéthique : un projet de loi devrait être présenté d'ici à la rentrée par la ministre de la santé, Roselyne Bachelot. Dans son avis, le Comité d'éthique estime que la gestation pour autrui comporte des risques éthiques qui ne seront abolis par aucun garde-fou législatif. Il invoque ainsi les accidents médicaux qui peuvent intervenir pendant la grossesse. "La mortalité maternelle périnatale, fléau que l'on n'est pas parvenu à éradiquer, n'est-elle pas encore plus insupportable lorsqu'elle survient au détour d'une grossesse au bénéfice d'autrui ?", demande-t-il.

13. Discriminations

La banque BNP Paribas condamnée pour avoir discriminé une salariée à cause de ses grossesses La cour d'appel de Paris a condamné le 5 mai BNP Paribas à verser 351 000 euros à une ancienne salariée dont la carrière avait été ralentie après son retour de congé maternité. La Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (Halde), qui avait présenté ses observations lors de l'audience en mars, s'est félicitée de l'arrêt rendu par cette juridiction. Le litige concerne Marie-Guyty Niel, embauchée en 1982 par la BNP dans le pôle "banque de financement et d'investissement" –l'une des activités les plus valorisantes du groupe. Fin 1989, à l'occasion de la naissance de son troisième enfant, elle cesse de travailler et réintègre l'entreprise dix ans plus tard, après avoir mis au monde deux autres enfants. A son retour, elle est affectée à un poste moins gratifiant et ne bénéficie ni d'une remise à niveau ni d'un bilan de compétences. Son salaire, identique à celui qu'elle touchait au moment de partir en congés, n'a pas été revalorisé pour tenir compte de l'inflation et elle ne sera augmentée que trois fois, entre 2000 et 2007. Au final, sa rémunération se révèle inférieure à celle d'autres salariés présentant un profil équivalent au sien. Sur la base de ces "constatations" et estimant que BNP Paribas n'avait pas su apporter d'"élément objectif" permettant de justifier l'inégalité de traitement infligée à Mme Niel, la cour d'appel a conclu que l'ex-salariée avait été victime d'un "comportement discriminatoire". "Le véritable motif du blocage ou de la stagnation de sa carrière tient à son absence prolongée de l'entreprise", ajoute le juge. En première instance, le conseil des prud'hommes de Paris n'avait pas reconnu l'existence d'une discrimination. Mais il avait condamné BNP Paribas à verser 150000 euros de dommages et intérêts pour "licenciement sans cause réelle et sérieuse". A cette somme, confirmée par la cour d'appel, s'ajoutent près de 157 000 euros "au titre du préjudice financier résultant de la discrimination", 7 000 euros pour le préjudice moral et plus de 37 000 euros au titre des indemnités de rupture. Au-delà du cas de Mme Niel, la cour d'appel relève dans son arrêt "une inégalité générale de traitement entre hommes et femmes au sein de l'entreprise". Pour Jeannette Bougrab, présidente de la Halde, cette décision constitue un "signe important".

Des conseils d'administration féminisés mais tout aussi peu indépendants Si le mouvement est réel - le cabinet Proxinvest a recensé à ce jour 17 résolutions proposant l'élection de femmes membres du conseil au sein de sociétés du CAC 40 - il prend souvent des allures singulières : Bernadette Chirac, l'épouse de l'ex-président de la République, nommée au conseil du géant du luxe LVMH, Florence Woerth, la femme du ministre du travail Eric Woerth, à celui du groupe Hermès, Nicole Dassault, épouse de Serge Dassault, chez Dassault Aviation ou encore Amélie Oudéa-Castéra, épouse du patron de la Société générale Frédéric Oudéa, au conseil de Lagardère... Chaque groupe justifie ces nominations. Mme Oudéa-Castéra, diplômée de l'ENA et ancienne championne de tennis, "a ses compétences et son indépendance", a expliqué Arnaud Lagardère, lors de l'Assemblée générale de sa société. "Elle a une connaissance du marché sportif importante pour nous." Chez LVMH, on souligne que "Bernadette Chirac fut pendant douze ans la première dame de France et, qu'à ce titre, elle a voyagé avec le président. Elle dispose d'un réseau international et LVMH est un groupe international. En outre, elle a toujours soutenu la haute couture". Pour autant, "sans douter de la compétence de ces personnalités, être "femme de" n'est pas une situation", estime Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires.

Osez le Féminisme lance un site internet de témoignages : Vie de Meuf !

A l’occasion du 27ème anniversaire de la loi Roudy, Osez le féminisme (http://osezlefeminisme.fr) a souhaité souligner les inégalités persistantes dans le monde du travail en lançant un site internet de témoignages : www.viedemeuf.fr

La première loi sur l’égalité professionnelle a été votée en 1983. Plus d’un quart de siècle plus tard, les femmes touchent toujours des salaires inférieurs de 27% à ceux des hommes et représentent 82% des salariés à temps partiel. La moitié des emplois féminins se concentre dans 14% des catégories professionnelles. Près de trois femmes sur dix attendent 65 ans pour liquider leur retraite. En 2006, une loi fixait comme horizon le 31 décembre 2010 pour que les entreprises se mettent en conformité avec la loi (c’est à dire qu’elles ouvrent des négociations sur l’égalité professionnelle). Le 31 décembre 2010 arrive bientôt. Pour régler cette question, le gouvernement l’a tout simplement intégrée à la réforme des retraites.

jeudi 10 juin 2010

Questionnaire sur les femmes et la précarité

1. Pourquoi ce questionnaire ?

La commission fédérale pour l’égalité femmes-hommes a demandé lors de sa séance du 18 mars sur les femmes confrontées à la grande exclusion, que les sections travaillent auprès de leurs militantes sur leur expérience de la précarité et sur ce qui les a empêchées de basculer dans l’exclusion. Ceci afin d’identifier des pistes de travail pour les pouvoirs publics, dans un contexte où les associations luttent pour l’adoption de lois qui à travers une action sur les conditions de travail, le revenu, les situations de surendettement ou le logement, permettraient de réduire la précarité et de faire diminuer d’autant les risques de basculement dans l’exclusion.

2. Identification du public et méthode

⇒ Le questionnaire, anonyme, s’adresse aux adhérentes de la section ⇒ Le questionnaire sera présenté en AG et envoyé par mail ⇒ Les résultats seront présentés en AG et envoyés sous forme de contribution, à partir des propositions dégagées, à la commission fédérale



3. Questionnaire sur les femmes et la précarité

1. Quelle définition donneriez-vous de la précarité ? ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

2. Quelle définition donneriez-vous de l’exclusion ? ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

3. Avez-vous été personnellement confrontée à la précarité ? Dans quel contexte ? ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

4. Vous considérez-vous aujourd’hui comme précaire ? Si oui, et si non, pour quelles raisons ? …………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

5. Pensez-vous qu’hommes et femmes ne vivent pas l’exclusion de la même façon ? ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 6. Etes-vous, ou l’une de vos proches, tombée dans l’exclusion ? De quelle manière ? Pour quelle durée ? En êtes-vous ou en est-elle sortie, et si oui par quels moyens ? ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

7. Craignez-vous de tomber dans l’exclusion ?

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8. Quels sont selon vous les « filets » qui évitent à une femme de tomber dans l’exclusion ? Exemples : la solidarité familiale, les institutions

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9. Quelles seraient selon vous les pistes que devraient suivre les pouvoirs publics pour assurer un meilleur suivi des femmes précaires ?

Exemples : a. il existe déjà beaucoup d’aides sociales mais le système est peu lisible : assurer un accès réel et facile pour toutes à des procédures simplifiées pour bénéficier des aides et allocations b. valoriser la prise en charge associative des exclus, qui parviennent à tisser un lien affectif impossible dans un cadre institutionnel c. créer un réseau d’entraide entre femmes sorties de l’exclusion et exclues d. prendre en compte les femmes dans la globalité de leur parcours plutôt que de segmenter les prises en charge (logement, emploi, santé, etc). ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….. ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….. ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….. ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….. ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

lundi 24 mai 2010

Prochaine réunion de la commission

La commission pour l'égalité femmes-hommes de la section Léon-Blum (Paris 11ème) se réunira le mercredi 16 juin à partir de 20H00 à "Artisans nature", 123 rue Saint-Maur (métro Parmentier, Goncourt ou Couronnes) pour une formation au féminisme.

Compte-rendu de la réunion du 21 avril 2010 sur la prévention

COMPTE-RENDU DE LA SEANCE DU 21 AVRIL 2010

Présent-e-s : Julien CROS, Ambroise SOLOMON, Valentyne CROSNIER, Caroline RAINGEARD, David SZWARCBERG, Aurore LAMBERT

Excusé-e : Prunelle BLOCH

Quelles politiques de prévention vis-à-vis des femmes ?

Prévention, le terme est d’un usage courant, qui s’étend à tous les domaines. Tôt entré dans le vocabulaire de la société politique, il y a d’abord parcouru le champ judiciaire et pénal. Ainsi connaissons-nous la détention préventive et le prévenu, qui renvoient à une justice sanctionnant a priori, à croire qu’elle serait prévenue contre telle ou telle personne. Dans un sens cette fois positif, nous découvrons le débat qui oppose les partisans de la punition aux partisans de la prévention. Le mot prend ainsi son sens de détection précoce, et prévenir, c’est prétendre « voir venir ».

Le développement des sciences et de la médecine nous a donné une meilleure connaissance du corps humain, des maladies qui le travaillent et de ce qui les provoquent. « Mieux vaut prévenir que guérir », réaliser ce vieil adage semble à portée de main. Dès la fin du dix-neuvième siècle, les gouvernements mettent en place des politiques de santé publique. L’accent mis sur la prévention s’est renforcé avec l’usure des structures de l'État-Providence héritées de la Libération. Guérir, dit-on, coûte plus que prévenir, l'État manquant de fonds, il prévient.

Comment le fait-il ? Au plan national, il informe, par des affiches et plaquettes, par des messages télévisés, informatiques et radio. La politique de prévention consiste, dans son acception première, à informer des risques liés à tel comportement, des avantages à retirer de tel autre, à suivre, aussi, l’évolution de son état de santé. Mais en avançant sur cette voie, la prévention ne présente-t-elle pas, à son tour, le risque de verser dans la prescription, de traiter le citoyen en adolescent moral ? L’agacement des pouvoirs publics devant la persistance des comportements à risque peut s’entendre, mais ce sentiment les place dans une situation paradoxale. Soumis à l’impérieuse nécessité de respecter les libertés fondamentales, ils affirment la liberté de chacun, mais tendent à culpabiliser celui qui ne veut pas être libre et vouloir comme il se doit.

L’obligation de prévenir est à l’ordre du jour. Les députés socialistes ont longuement discuté de la nécessité de rendre obligatoire le dépistage du cancer du sein. Faute de parvenir à un consensus, ils ont jeté l’éponge,, mais d’autres institutions prescrivent la généralisation de la détection préventive, à l’exemple de la Haute autorité de santé (HAS), qui recommandait, dans un rapport paru en octobre 2009, une campagne de dépistage du VIH étendue à l’ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans . En serait-on rendu à cette société que décrivait Malaparte, « où tout ce qui n’est pas interdit est obligatoire » ?

Prévenir s’oppose à risquer, et il faut croire que, plus l’on prévient, plus l’on risque. Aujourd’hui, les femmes multiplient les comportements à risque bien plus que les hommes. Elles le font alors qu’elles sont, pour la plupart, prévenues. N’aperçoit-on pas, dans cet exemple, la limite de toute politique de prévention ? La ménagère des années cinquante était sage et saine, son mode de vie lui assurait un long veuvage. Émancipée à compter des années soixante, elle prend toute sa part dans ce comportement que nous associons à la liberté, la prise de risques. Prévenir reviendrait-il, en ce cas, à inciter ?

Ce sont là des questions de riches, qui interpellent depuis le ciel éthéré des idées les prétentions des rapports institutionnels à réaliser le vieux fantasme de maîtrise ou de contrôle absolu qui hante les gouvernements.

Ces rapports sont de jolis exercices conceptuels, des projets en l’air, qui tiennent pour une bonne part du rêve. Comment financer un dépistage universel du VIH ? Où trouver le personnel pour le pratiquer ? Quelle pertinence au-delà de l’effet d’annonce, le caractère préventif du dépistage pouvant être contesté?

Ces obstacles en forme de questions, Monsieur Marc Bary, notre invité en cette réunion de commission du 21 avril, les a opposés au rapport de l’HAS. Médecin et directeur du Centre de la Croix Rouge situé rue du Moulin Joly, dans le XIème arrondissement de Paris, Monsieur Bary estime que la bonne volonté des pouvoirs publics, telle qu’affichée dans les rapports, jure avec les réalités d’une pratique quotidienne. En France, le secteur médical manque d’acteurs de terrain. Les médecins généralistes sont en voie de disparition. Médecins de famille, qui suivent leurs patients avec régularité au fil des années, ils sont les mieux placés pour sensibiliser aux pratiques à risques, aux nécessités des dépistages, du suivi, etc. Ils sont les mieux placés, pourtant ils ne le font pas. La plupart du temps, ils ne le peuvent. Les centres des villes sont devenus des déserts médicaux, et les rares médecins généralistes sont débordés, accordant des consultations réduites à quelques minutes. Le pourraient-ils, les réflexes manquent. Quand il n’existe pas un accord tacite entre le médecin et son patient sur les sujets à éviter, le soignant, souvent, accepte avec une complaisance coupable la gêne que le soigné ressent à l'idée de parler sexualité et autres comportements à risque.

Toute idée d'une politique de prévention repose sur son appropriation par les acteurs locaux, sur sa réception et sa compréhension par le public. Elle achoppe, en somme, sur l'infini diversité du réel, que les pouvoirs législatifs et exécutifs ne sont pas destinés à prendre en compte. Chacun entretient avec les questions de santé, avec son corps, avec l'idée ou la pulsion de mort, comme avec son médecin, des rapports qui lui sont propres. Les campagnes de dépistage en fournissent un bon exemple. Trop rares sont les personnes qui se portent volontaires pour un dépistage du VIH, trop nombreuses, parmi celles-ci, les personnes qui oublient de venir récupérer leurs résultats.

L'accompagnement fait défaut. La France entretient des structures médicales de qualité, mais pour la plupart d'entre elles, il s'agit d'établissements importants et imposants, dédiés au soin lourd. La prévention est le règne des acteurs de terrain, des petites structures de quartier. Elle nécessite un travail tout en dentelles, qui s'adapte à son public et se double d'un volet social.

Le centre de la Croix Rouge dirigé par le docteur Bary s'inscrit dans cette démarche. Ouvert en 1995, et seul établissement de consultation hospitalière externalisée à proposer des actes entièrement gratuits, il accueille, pour une large part, un public pauvre, souvent étranger, parfois en situation irrégulière, et confronté à des situations d'exclusion ou d'enfermement communautaire. Œuvrant sur les marges de notre société, ses règles de fonctionnement témoignent de sa vocation médico-sociale.

Le centre apparaît aussitôt comme un élément structurant, qui inscrit le nouveau venu dans une démarche élaborée. Celle-ci se développe en plusieurs étapes. L'une après l'autre, elles doivent conduire celui ou celle qui franchit la porte du centre à accepter les règles du lieu, son statut de demandeur, les soins appropriés.

Tout commence par l'accueil de jour. Sans obligation de soins et anonyme, il offre l'occasion, pour des personnes désocialisées, de s'accoutumer à l'idée d'un règlement intérieur autant que de se familiariser au cadre, intimidant de prime abord. Lieu de passage et de rencontre, il a connu rapidement un grand succès, via le bouche à oreille. Aujourd'hui, les usagers sont soumis à une contrainte; le stationnement est temporaire, limité à une heure. Dans un second temps, quand la personne se sent prête, elle émet une demande de soin. La visite chez l'infirmière apparaît alors comme un rite de passage, la première étape décisive. Son rôle répond à une autre nécessité, soulager les médecins des pressions éventuelles qu'un public difficile pourrait exercer sur eux, à l'exemple des toxicomanes, qui franchissent la porte du centre, en quête d'une dose de substitution, et sont tentés de l'exiger comme un dû. L'infirmière met une distance entre le soigné et le soignant. Elle dégage des demandes et oriente.

A cette première étape, cette entrée progressive dans l'établissement, succède le diagnostic. Confidentiel, mais pas anonyme, il est gratuit, remboursé si le patient est couvert. En matière de dépistage, l'effort porte sur la limitation des « perdus de vue », personnes qui se font dépister et disparaissent sans consulter leurs résultats. Le centre exerce un rôle de sentinelle, qui s'inscrit dans un politique générale de veille sanitaire. Si les résultats des dépistages sont positifs, l'étape suivante conduit à rechercher la souche virale, hépatite ou VIH, à isoler les génotypes particuliers, répandus parmi les Chinois (souche C du VIH) ou noirs africains (souche D et recombinants du VIH) qui fréquentent le centre. Selon les besoins, le médecin peut recourir à un interprète.

Le soin, prolongement du diagnostic, s'accompagne d'un travail social. Le centre, sur ce point, rencontre des difficultés communes à toutes les structures de ce type, le recrutement. Ce travail correspond à du « bas-seuil ». Il fait le point sur la situation administrative, locative, sur la couverture sociale et les revenus du patient.

Le soutien psychologique intervient ensuite. La tâche du psychologue, dit le docteur Bary, est à redéfinir. Pour une bonne part, elle est endossée par le médecin généraliste, qui consacre une partie de la consultation à l'écoute. Le psychologue devrait donc se concentrer sur l'éducation thérapeutique et une mission dite de « médiation sociale de proximité ». Elle revient, pour une bonne part, à « sortir les patients du centre », à promouvoir cette expérience pour leur permettre de quitter ce qui est devenu un refuge et retourner vers le monde.

Qui fréquente ce centre ? Le docteur Bary dégage 10% de « caractériels », qui pourraient être reçus par un hôpital si les conditions d’un bon accueil étaient réunies. 30% des patients son nés en France, le reste se répartit entre des migrants plus ou isolés, qui sont en demande de soins, et des personnes, des hommes, mais surtout des femmes, en situation de prostitution. Pour ces dernières, aux Européennes de l'Est, évanouies depuis 2003, ont succédé des Chinoises, issues de vingt-trois provinces, et des travestis d'Amérique latine.

Les pathologies rencontrées sont d'abord virales. 50 à 60% des Chinois présentent une hépatite B guérie ou active. L'hépatite C est répandue, chez les toxicomanes ou les personnes soumises à des rapports sexuels traumatiques. Le VIH est très présent, sous des formes diverses, qui tiennent, nous l'avons vu, à l'origine géographique des patients et de leurs clients ou fréquentations.

La tuberculose, dont on annonce le retour depuis plus d'une décennie, est une réalité dans le centre, avec des souches multi-résistantes.

Comment prévenir ? Comment soigner ? Messages et pratiques doivent s'adapter à la culture de chacun, mais le but est toujours le même, consacrer l'autonomie thérapeutique du patient. Ainsi, en matière de VIH, le traitement doit s'adapter à la maladie du patient , à son mode de vie, mais aussi, à l'acceptation ou non, par son entourage, d'une maladie rendue publique, et des boîtes de médicaments qui l'accompagnent, envahissant, par exemple, le réfrigérateur. Le docteur Bary constate un succès relatif de cette démarche, avec un fort affaiblissement des virus décelables.

Quel coût ? Le centre fonctionne en dotation globale, ce qui lui confère une certaine liberté budgétaire, réduite par les changements récents opérés par la direction de la Croix-Rouge. Ce budget, cependant, ne dépasse guère les 35 000 euros, somme insuffisante pour couvrir les traitements antirétroviraux et antihépathiques. Une tension se crée donc entre la couverture sociale – rare – la gratuité des prestations et le « dépannage » qui précède la mise en place d'une couverture. Le coût de la biologie varie. Le dépistage de l'hépatite n'obère pas le budget du centre, mais la détection du VIH varie de 15 à 45 euros selon le sérieux du test effectué.

Existe-t-il des passerelles entre la prévention institutionnelle et le travail de prévention ? Le centre est en contact avec des associations travaillant autour des mêmes publics, tel que le Lotus Bus, qui va à la rencontre des prostituées chinoises. Des relations existent avec la Mairie de Paris. La Ville, par exemple, dispose d'une équipe de radiologie itinérante, précieuse pour déceler les tuberculoses. Cependant, elle ne peut se substituer aux acteurs du sanitaire et social, et son action se limite à financer des structures de bas-seuil, à l'exemple des centres de dépistage anonymes et gratuits, à conduire des études ou à soutenir des associations.

Sur ce point, le docteur Bary en témoigne, le secteur parisien ne souffre pas de la répétition qui caractérise souvent l'implantation massive d'associations et ONG. Nous manquons d'acteurs et de moyens; le médicosocial croisant les disciplines, entre difficilement dans les critères des dossiers de subventions.

En revanche, les relations sont faibles avec l'échelon supérieur des institutions. De fait, la prévention de communication, rappelle le docteur Bary, ne joue pas sur le même registre que le centre, ou toute autre structure médicale. Dans un cas, nous voyons et entendons des images et un discours qui se déploient dans l'espace public, demeurent généralistes, peu en phase avec les particularités de chacun. Dans l'autre cas, le travail s'opère au sein d'une relation confidentielle, de personne à personne, le soignant progressant de concert avec le soigné, qu'il connaît.

Pour être ferme devant le réel, commençons par l’accepter. La formule est vague, sans élégance, mais elle souligne ce qui semble avoir été le leitmotiv de cet entretien avec le docteur Bary. Au regard de sa longue expérience, expérience fine de la diversité humaine et de son imperméabilité, dans le domaine de la santé, aux discours abstraits et universalisant, il appelle notre attention sur d'autres démarches, d'autres possibilités. Certes, elles seraient plus obscures, souterraines, moins gratifiantes pour une société politique toujours en quête de visibilité, toujours tentée, en somme, de verser dans l'affichage, mais elles ont le mérite d'avoir prouvé leur efficacité, à l'étranger sinon en France. Dans cette perspective, il conviendrait de former les médecins généralistes à mettre les bons mots sur les bonnes choses, à parler de sexualité, de fellation, de pénétration, quand c'est de cela qu'il s'agit; en somme, banaliser la sexualité lui permettrait d'entrer dans la conversation qui s'engage entre le médecin et son patient, et de mettre en œuvre une prévention pertinente et adaptée. Le médecin serait alors davantage un accompagnant, qu'un simple traitant. L'écueil demeure, du désert médical qui se constitue dans nos villes. A défaut, nous pourrions envisager de développer le councelling. Pratiqué, comme son nom l'indique, dans les pays anglo-saxons, il revient à confier la prévention à des spécialistes non-médecins, et, pourquoi pas, à encourager le bouche à oreilles, la communication du prévenu au prévenable (sic.).

Point d'actualité pour la réunion du 21 avril 2010

__1. Luttes féministes

1.1. Etats Généraux des Femmes 2010 organisés par Elle à Marseille en mars__

Les débats ont porté sur le poids des traditions et des tabous qui pèsent sur la vie des jeunes filles : accès difficile à la contraception et à l’IVG, mais aussi difficulté de s’habiller comme elles le souhaitent. D’où la nécessité, évoquée plus que dans les autres régions, d’éduquer les garçons. A l’école mais aussi en famille. Articuler les temps professionnel et privé pose problème comme partout ailleurs. « Ici, à Marseille, ça s’appelle “jongler” ! » Les raisons qui bloquent encore l’égalité professionnelle ont beaucoup été évoquées : « Le monde du travail est calibré pour les hommes. Les lois, c’est très bien, mais le facteur culturel existe aussi. » C’est vrai dans le privé comme dans le public : « A l’hôpital, les hommes se cooptent entre eux, parce que nous, on n’a pas le temps de “cirer les pompes”. » Il y a aussi la maternité qui pénalise et les traditions qui ne changent pas. « Dès le début de nos études, on nous prévient que nous gagnerons 30 % de moins que les hommes », témoigne une jeune architecte. Toutes les participantes sont favorables aux quotas, aux réseaux de femmes, à la saisie systématique de la Halde en cas de discrimination : « Au-delà de l’opposition hommes/femmes, il faut travailler sur l’humain car le monde du travail est violent pour tous. » Violence du monde politique également. Trois élues en témoignent : « Pour que nous avancions, il faudrait voter un statut de l’élu, appliquer le non-cumul des mandats, réorganiser les partis et créer des réseaux d’entraide. » Une évidence est également apparue : puisque les lois se succèdent et ne sont pas appliquées, c’est dans les couples et dans les familles qu’il faut œuvrer pour faire bouger les choses.

1.2. Les 40 ans du MLF

Dans Elle le 15 mars Cathy Bernheim raconte comment avec une dizaine d’autres femmes, le 26 août 1970, elle a déposé une gerbe « A la femme inconnue du soldat inconnu » à l’Arc de Triomphe. http://www.elle.fr/elle/Societe/La-parole-aux-femmes/Rendez-vous-avec/Cathy-Bern heim-Il-fallait-marquer-les-esprits/(gid)/1184688/(gid)/1184688

__2. Réorganisation administrative du secteur des droits des femmes au niveau national

2.1. La direction générale de l'action sociale (DGAS) s'apprête à laisser place à la direction générale de la cohésion sociale__

La nouvelle direction générale comprendra l'actuelle DGAS, la délégation interministérielle à la famille (DIF), la délégation interministérielle à l'innovation, à l'expérimentation sociale et à l'économie sociale (DIIESES) et le service des droits des femmes et de l'égalité. L'enjeu est de se conformer aux prescriptions de la RGPP et de répondre à deux objectifs : 1) l'administration centrale ne se limitera plus aux politiques de réparation et de compensation et pourra intervenir sur un périmètre à vocation interministérielle, intégrant notamment la politique de la parité de genre et 2) elle renforcera son rôle de pilote des politiques publiques. La future DGCS reflétera à la fois une approche par publics et une approche transversale. Concrètement, elle comprendra trois pôles. Le premier, consacré aux politiques sociales et médico-sociales, sera composé de trois sous-directions dédiées à l'insertion et à la lutte contre l'exclusion, à l'enfance et à la famille et à l'autonomie des personnes âgées et handicapées. Le deuxième sera consacré aux droits des femmes et à l'égalité entre les femmes et les hommes. Un troisième pôle, dévolu aux « politiques d'appui », sera composé de plusieurs services transversaux - financiers, juridiques, budgétaires, d'animation territoriale, des professions sociales ou encore de modernisation du secteur social et médico-social.

Les syndicats craignent la disparition du service des droits des femmes et de l’égalité qui a perdu en visibilité avec la réforme et ont défilé à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT pour dire leur désarroi. Au niveau local, chaque département français compte une chargée de mission pour mettre en œuvre cette politique publique, faire de la prévention et établir des partenariats avec les associations… « Je suis seule pour gérer toutes les problématiques du département, avant j’avais une secrétaire, maintenant, je fais aussi l’administratif », confesse une chargée de mission départementale.

2.2. Assemblée : consensus sur la clause de l’Européenne la plus favorisée

Les députés ont adopté le 23 février, à la quasi-unanimité, une proposition de résolution socialiste visant à améliorer et à harmoniser les droits des femmes en Europe. Cette clause vise à faire l'inventaire des législations les plus favorables aux femmes en Europe, à en retenir les meilleures et à inviter le gouvernement à déposer un projet de loi en ce sens.

__3. Moyens mis en œuvre pour lutter contre les violences 3.1. Ouverture du site web du collectif pour la grande cause nationale 2010__

Les vingt-cinq associations réunies dans le collectif pour la grande cause nationale 2010 contre les violences faites aux femmes ont diffusé le 8 mars un communiqué pour souligner que « oui, la violence masculine envers les femmes existe. Elle a toujours existé. A toutes les époques, sur tous les continents, dans toutes les cultures ». « Aujourd’hui agir contre ces violences est une grande cause nationale qui concerne l’ensemble de notre société » rappellent-elles. Le collectif dispose maintenant de son propre site internet. On y trouvera de nombreux renseignements sur les associations du collectif et l’agenda de l’année de la grande cause nationale 2010. On peut également y voir le spot sur les violences réalisé à l'occasion de la journée internationale des femmes le 8 mars dernier, un spot diffusé sur les antennes de France Télévisions. http://www.violencesfaitesauxfemmes.com/

3.2. Le 3919 élargit à toutes les formes de violences

La plate forme d’appel du 3919 a été renforcée en 2010, la lutte contre les violences faites aux femmes ayant été déclarée grande cause nationale. Son domaine d’intervention est élargi à toutes les formes de violences, au delà des seules violences conjugales. Pour ce faire, un pré-accueil est mis en place afin de faciliter l’orientation de tous les appels pendant les périodes de campagnes télévisuelles c’est-à-dire en mars, en juin ou septembre et de novembre à décembre

3.3. Propositions de loi renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes Adoptée à l'unanimité par les députés en première lecture le 3 mars, une proposition de loi vise à mieux réprimer les violences intra-familiales, à créer une ordonnance de protection et à inscrire pour la première fois les violences psychologiques dans le code pénal. L'Assemblée nationale a adopté le 25 février, en première lecture, une proposition de loi renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes. Porté par Danielle Bousquet, députée (PS) des Côtes-d'Armor, et Guy Geoffroy, député (UMP) de Seine-et-Marne, ce texte rassemble les récentes initiatives et recommandations énoncées en la matière, telles que la création d'une ordonnance de protection ou encore des mesures visant à mieux protéger les femmes étrangères en situation régulière ou non, mesures dont s'est notamment félicitée la Cimade. La proposition de loi devrait être discutée au Sénat « en avril pour une adoption définitive en juin » a assuré le Premier ministre.

__4. Contraception

4.1. Des hommes mis enceintes pour les sensibiliser à la contraception__

Le ministère de la Santé a lancé une nouvelle campagne sur la contraception contre les grossesses non désirées notamment chez les jeunes. Selon les dernières données de recensement des IVG publiées par la DREES, 12 560 jeunes filles de 15 à 17 ans et 850 de moins de 15 ans ont eu recours à une IVG en 2007. Parmi elles, 30 % déclaraient ne pas avoir utilisé de contraception dans le mois de survenue de la grossesse et moins de 2 % déclaraient avoir utilisé la contraception d’urgence. De plus, l’enquête CSF (Contexte de la sexualité en France - 2006) montre que la prévention du risque de grossesse non désirée est le plus souvent laissée à la responsabilité des femmes. Dans ce contexte, l’Inpes a conçu quatre vidéos, en ligne sur www.choisirsacontraception.fr, à partir du 8 avril. À travers la mise en scène décalée de jeunes hommes « enceintes », ces films ont pour objectif d’impliquer davantage les hommes sur la question de la contraception et, plus largement, d’inciter à la réflexion sur les rapports filles-garcons en matière de sexualité. Ces vidéos mettent aussi en scène les conséquences possibles d’une grossesse précoce, telles la déscolarisation.

4.2. Pass contraception : pétition d'une lycéenne

Pauline, 15 ans, élève de seconde d'un lycée de la Vienne a déjà recueilli 700 signatures. La pétition est adressée au ministre Luc Châtel pour que celui-ci autorise la distribution des chèques contraception délivrés par les infirmières scolaires. L'initiative du Pass Contraception remonte au mois de novembre. Ségolène Royal en avait lancé l'idée mais Luc Châtel s'y est opposé. Et ce sont finalement les médecins généralistes et les gynécologues qui avaient été désignés pour distribuer les Pass Contraception financés par le Conseil régional. Face au refus du Ministre de l'Education nationale, Ségolène Royal a abandonné l'idée de le distribuer dans les lycées. __ 5. Avortement

5.1. La dépénalisation adoptée en Espagne__

La loi dépénalisant l’avortement en Espagne a été définitivement adoptée par les sénateurs espagnols, malgré la vive opposition des secteurs catholiques et conservateurs. Les femmes pourront avorter librement jusqu’à 14 semaines de grossesse jusqu’à 22 semaines en cas de risque pour la santé de la mère ou de graves anomalies du fœtus. Au cours du parcours législatif mouvementé de cette réforme, les socialistes ont supprimé en décembre une des dispositions les plus controversées du projet, qui prévoyait la liberté d’avorter pour les mineures de 16 et 17 ans sans le consentement ni l’information préalable des parents. Pour échapper à cette obligation, les jeunes filles pourront toutefois alléguer un « danger certain de violences familiales, de menaces, pression, de mauvais traitements, d’exclusion familiale et de détresse. »

5.2. Menaces sur l’IVG à Paris

Jeudi 18 mars avait lieu un rassemblement devant le siège de l’AP-HP pour protester contre les fermetures de centres IVG. Le collectif "Touche pas aux Bluets" s’était associée aux autres organisations pour dénoncer le démantèlement de l’activité d’orthogénie et de planification dans l’Est parisien, à l’image de ce qui se produit dans le reste du territoire. Le caractère alarmant de la situation en Ile-De-France a été décrit, chiffres à l’appui, par Jean-Claude Magnier, représentant de l’ANCIC : pour résumer, une forte baisse du nombre d’actes, un problème de formation des médecins qui va s’aggravant, … Une partie importante de la discussion a porté sur le cas du centre d’I.V.G. de l’hôpital Tenon, fermé du jour au lendemain et dans la plus grande discrétion, sans qu’aucune information préalable n’ait circulé en interne.

__6. Lutte contre les discriminations

6.1. Licenciements pour grossesse : de lourdes condamnations__

Au mois de mars, une ex-directrice de publicité et une auxiliaire de vie sociale, licenciées en raison de leur grossesse, ont obtenu gain de cause après avoir engagé une procédure pour licenciement abusif. L’une a été déclassée à son retour de son congé maternité, puis licenciée, et l’autre directement licenciée en raison de sa grossesse. Soutenue par la Halde, les deux anciennes salariées ont respectivement obtenu 100 000 et 19 000 euros d’indemnité. Les conclusions de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) sont sans appel : le nombre de réclamation concernant les discriminations liées à la grossesse ont doublé en 2009. Une augmentation qui ne signifie pas forcément le boom de ce type de discrimination. Plus informées et encouragées par la Halde, les victimes n’hésitent plus à faire valoir leurs droits. Pour lutter contre ces discriminations, la Halde diffuse des dépliants dans lesquels elle rappelle le droit des femmes enceintes.

6.2. Le Grand Orient peut désormais accueillir des femmes

L'instance juridique du Grand Orient de France vient d’autoriser ses 1 128 loges à initier des femmes. Elles n'en n'ont pas l'obligation, mais elles peuvent le faire", a poursuivi ce responsable. Contacté par l'AFP, le grand maître du GODF, Pierre Lambicchi, s'est "(félicité) que le droit soit dit", "mais il n'est pas de mon ressort de dire si sur le fond c'est une bonne chose ou pas". "C'est à mon initiative que la chambre suprême a été saisie. Cette décision met fin à un long débat. A nous de gérer maintenant la situation", a-t-il ajouté. Créé en 1773, le GODF a toujours été exclusivement masculin (50 000 frères et 1 128 loges) même si plusieurs loges avaient pris l'initiative en 2008 d'initier six femmes, ce qui leur avait valu d'être suspendues. Lors du dernier convent annuel (assemblée générale), en septembre 2009, les délégués avaient voté à 56% contre la mixité des loges mais ce vote avait été annulé pour des questions de forme par l'instance juridique du GODF.

__7. Parentalité, vie familiale

7.1. Le Conseil de l'Union européenne adopte définitivement la directive sur le congé parental__

Le Conseil des ministres européens chargés de l'Emploi et de la Politique sociale a adopté définitivement, le 8 mars, la directive sur le congé parental. Les États membres de l'UE disposent de deux ans pour transposer la directive dans leur droit national. Le texte porte de trois à quatre mois la durée du congé parental auquel a droit chaque parent qui travaille. Au moins un des quatre mois ne peut être transféré à l'autre parent, de façon à encourager les pères à prendre le congé. Elle introduit une disposition précisant que tous les travailleurs sont concernés, quel que soit le type de leur contrat. Elle prévoit également une meilleure protection contre la discrimination et facilite le retour au travail.

7.2. Pas de bébé à la consigne

Un rapport remis au gouvernement en 2008 estimait à 300 000 le nombre de places manquantes dans les structures d'accueil. Environ 240. 00 enfants de moins de 3 ans sont accueillis en crèche, soit 10% de cette tranche d'âge. Rappelons que Nicolas Sarkozy avait promis pendant la campagne présidentielle un droit opposable à la garde.

Les professionnels de la petite enfance étaient en grève les 11 mars et 8 avril. Il accusent le gouvernement de mener une politique en trompe-l'œil: les 200 000 places d'accueil pour les enfants de moins de trois ans, promises pour 2012, masquent, selon eux, une "grande braderie" des modes d'accueil, fondée sur la déréglementation et la baisse des qualifications. Pour créer de nouvelles places dans les crèches, la secrétaire d'Etat à la famille, Nadine Morano, souhaite augmenter le "taux de surnombre" qui permet, à titre exceptionnel, d'accueillir plus de bébés que prévu: il devrait passer de 10 % à 15 % pour les crèches moyennes, de 10 % à 20 % pour les grandes. Concrètement, une structure conçue pour 60 bébés pourra accueillir, dans les mêmes locaux et sans personnel supplémentaire, jusqu'à 72 enfants. «Avec le nouveau décret, on aura seulement 40% (contre 50% aujourd'hui) de personnel qualifié dans les crèches», à savoir auxiliaires de puériculture, éducateurs de jeunes enfants ou puériculteurs. Ce qui devrait augmenter du même coup le nombre de personnels moins qualifiés, comme les titulaires de CAP Petite enfance.

Le collectif dénonce aussi la mise en place, «sous prétexte d'une diversification des modes d'accueil», des maisons d'assistantes maternelles et des jardins d'éveil. Les premières permettent à quatre assistantes de se regrouper dans un local quelconque, sans que soient appliquer les règles de base des structures collectives... «Ce sont les nouvelles crèches low cost !

__8. Prostitution

8.1. Prostituées : des salariées comme les autres ?__

Une centaine de personnes, dont de nombreuses prostituées, ont manifesté le 24 mars à Paris pour réclamer la reconnaissance d'un statut de "travailleur du sexe" assorti de droits sociaux et dénoncer toute velléité de réouverture des maisons closes. Les associations appelant à cette marche - représentant les prostituées tel Le Bus des femmes, le collectif droits et prostitution, le syndicat des travailleurs du sexe (Strass), ou la lutte contre le sida comme Act Up, Arcat - avaient tenu dans la journée leurs 4e "assises de la prostitution" au Sénat.

8.2. Réouverture des maisons closes

La dernière loi sur la prostitution remonte à 2003 lorsque Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, interdit le racolage passif. Chantal Brunel, députée de Seine-et-Marne prône aujourd'hui une évolution du cadre juridique. Ce sont ses amendements à la proposition de loi renforçant la protection des femmes victimes de violence qui ont relancé le débat. "En 2003, on pensait qu'on allait réduire l'offre et la demande, mais cela n'a pas été le cas. ... On doit supprimer cette loi et chercher d'autres solutions", déclare-t-elle au point.fr. À la différence de certains pays européens, la France ne reconnaît encore aucune existence légale aux prostituées. L'élue préfère d'abord évoquer la situation "de clandestinité" de ces travailleuses de l'ombre, soumises "parfois au semi-esclavage". "Dans un pays tel que le nôtre, c'est inacceptable", ajoute-t-elle. Pour Chantal Brunel, un lieu de travail "ouvert, et même une colocation", permettrait de réduire la clandestinité.

"Nous sommes contre les maisons closes, les bordels sont totalement anachroniques: nous réclamons le droit commun et pas une réglementation spécifique", a déclaré Maîtresse Gilda, du Strass, lors d'une conférence de presse le 24 mars. Les participantes se réclament d'une prostitution assumée et sans proxénète, qu'elles opposent vivement à la prostitution organisée par des réseaux de traite des êtres humains. Le Strass entend organiser un modèle de "bordel autogéré", donc sans patron, dans les "semaines à venir" pour démontrer à quelle forme d'organisation de type "économie solidaire" ces prostituées ont réfléchi.

__9. Lutte contre le Sida

9.1. VIH-sida : les laissés pour compte des politiques de santé publique__ Les femmes africaines sont particulièrement exposées à l’infection au VIH au travers des violences physiques, sexuelles ou psychologiques qu’elles subissent. Un rapport des Nations-Unies établit qu’une femme sur trois dans le monde a été battue, contrainte d’avoir des rapports sexuels ou maltraitée dans sa vie. Dans de nombreux pays, la domination masculine et la peur des violences qu’elle génère, empêche les femmes de négocier des rapports protégés et limite leur accès aux centres de dépistage. Les politiques et les programmes visant à réduire les inégalités entre hommes et femmes sont donc une composante nécessaire à la lutte contre le VIH.

9.2. "Des diminutions de crédits de 25%"

Aides, la plus importante association de lutte contre le sida en Europe, est en colère. Les centres d’accueil de l’organisation n’ont pas ouvert leurs portes le 7 avril. Quelques jours après la création des Agences régionales de santé (ARS), Aides dénonce une baisse de ses subventions allouées par le ministère de la Santé. Une perte estimée à 700 000 euros, qui touche particulièrement le Grand Ouest (Centre, Pays de la Loire, Bretagne). "Cette baisse du financement ne va pas avoir le même impact dans toute la France. C’est très variable d’une région à l’autre. Sur la zone du Grand Ouest, on est en moyenne à 25% de diminution des crédits par rapport à 2009. Et pour la seule région Centre, on a 49% de baisse ! Alors que cette région était déjà sous-subventionnée. En Ile-de-France ou dans le Nord-Pas-de-Calais, en revanche, il n’y a pas de baisse. Cette perte risque d’avoir une incidence sur les actions de l’association. Les subventions publiques servent à financer les postes salariés, les loyers pour les lieux d’accueil, le matériel de prévention… (...) Nous sommes dans une stratégie de contre-attaque, pour récupérer ces fonds qui nous manquent."

9.3. Femmes séropositives

Le Mouvement Français pour le Planning Familial évoque les discriminations des femmes séropositives du fait de leur genre pour justifier l’ouverture d’une consultation spécifique à Paris. La discrimination existe déjà du fait de la place des femmes dans la société et de toutes les vulnérabilités socio-économiques dont elles sont victimes. A cette situation, le VIH se rajoute comme une couche supplémentaire. Pour une femme, le vécu de la séropositivité n’est pas du tout la même chose que pour un homme. Il ne s’agit pas de dire que c’est plus grave, cela veut dire que c’est vécu différemment. Beaucoup de femmes élèvent seules leurs enfants, ce qui rend le quotidien encore plus difficile à gérer. De plus, la société, à l’image de ce qui existe pour les homos, classe les femmes séropositives dans la catégorie de ceux qui ont mérité leur maladie, puisqu’elles ont eu une mauvaise vie ! Beaucoup de femmes séropositives se retrouvent isolées à cause de ce rejet. L’Interassociative Femmes, dont SIS fait partie, nous permet de recevoir beaucoup de témoignages de ce genre. Des femmes nous disent être souvent restées 10 ans, 15 ans voire plus, sans parler à leur famille. Et lorsqu’elles sont mères, la séropositivité est encore plus indicible de peur de retombées sur leurs enfants. Pour ma part, si j’ai voulu travaillé au Planning Familial après avoir longtemps milité à Act Up, c’est parce qu’avec l’Interassociative Femmes, nous avons voulu permettre aux femmes séropositives de se retrouver, d’échanger et de montrer que l’expérience de la maladie venait d’elles. Ce sont les femmes qui vivent la séropositivité, donc ce sont elles qui doivent acquérir la connaissance, elles qui doivent apporter l’expérience de leur vécu pour élaborer une parole collective et construire des revendications. Nous voulons aussi montrer aux femmes séropositives qu’elles ne sont pas seules, qu’elles peuvent sortir de la stigmatisation et qu’elles ont le droit de parler.

10. Conseil de lecture : Le conflit. La femme et la mère

Pour la philosophe Élisabeth Badiner, « le retour en force du naturalisme », qui se drape d’instinct maternel, constitue « le pire danger » pour l’émancipation des femmes et l’égalité des sexes. La philosophe prend l’exemple emblématique de l’allaitement, qui serait « au cœur de la révolution maternelle à laquelle nous assistons depuis vingt ans. Insensiblement, mais sûrement, il gagne de plus en plus d’adeptes dans le monde occidental. Ce geste millénaire, loin d’être anodin, exprime une philosophie de la maternité qui conditionne le statut de la femme et son rôle dans la société ». Alors que, dans les années 1970, le biberon permettait aux jeunes mères de continuer à travailler, on assiste aujourd’hui à une inversion de tendance maternaliste orchestrée, aux yeux d’Élisabeth Badiner, par les militantes de la Leche League. Insidieusement, la recommandation de l’allaitement maternel dans les pays en voie de développement s’est étendue à tous les autres se faisant de plus en plus « impérieuse et contraignante », avec l’appui officiel de l’OMS et de l’UNICEF. Résultat : aujourd’hui, la majorité des femmes allaitent durant leur séjour à la maternité.

mardi 20 avril 2010

Convention pour un nouveau modèle de développement économique, social et écologique

La Convention pour un nouveau modèle de développement économique, social et écologique, pilotée par Pierre Moscovici, doit servir de matrice au projet socialiste pour 2012. Les treize ateliers qui ont travaillé de décembre à mars ont produit des rapports thématiques en ligne à cette adresse: http://www.lafrancequonaime.fr/laconvention. Chaque militant a la possibilité de les discuter et de proposer des contributions libres sur la coopol (par exemple, pour l'atelier 7, à cette adresse: http://www.lacoopol.fr/groupe/atelier-7-pouvoirs-propriete-et-gouvernance-dans-l-entreprise-nouvelles-regles-pour-un-juste-).

Un texte de synthèse a été ensuite élaboré par des rapporteurs généraux et amendé par les motions au niveau national. Après passage en Bureau national le mercredi 21 avril, ce texte sera présenté et adopté avec d'éventuels amendements par le Conseil national le 27 avril, avant d'être envoyé à l'ensemble des militants (en version numérique et imprimée, par le biais de l'Hebdo). Nous voterons le cas échéant ce texte le 20 mai et la Convention elle-même aura lieu le samedi 29 mai.

Nous débattrons de ce texte en section le mardi 18 mai (soit deux jours avant le vote). Afin de préparer au mieux cette réunion et de t'associer au processus d'élaboration du projet, nous invitons tous nos camarades à participer aux trois moments d'échange prévus par les commissions de la section sur les trois thèmes principaux traités par la convention et qui constituent le plan du texte général:

1. Jeudi 22 avril : première réunion consacrée au thème 1 « Que produire ? »

2. Lundi 3 mai : deuxième réunion consacrée au thème 2 « Comment produire ? »

3. Mardi 11 mai : troisième réunion consacrée au thème 3 « Comment distribuer ? »

Les réunions auront lieu à 20H00 à l'AGECA.

lundi 19 avril 2010

Prochaine réunion de la commission pour l'égalité femmes-hommes de la section

La commission pour l'égalité femmes-hommes de la section Léon-Blum (Paris 11ème) invite tou-te-s les militant-e-s et sympathisant-e-s intéressé-e-s par la question des campagnes de prévention et de dépistage spécifiquement adressées aux femmes, particulièrement dans les quartiers populaires comme Belleville qui comptent un grand nombre de femmes migrantes, à venir débattre le mercredi 21 avril à partir de 20H00 à l'Autre Café, 62 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11ème (métro Parmentier, goncourt ou Couronnes).

dimanche 7 mars 2010

La Journée internationale pour les droits des femmes a 100 ans !

Tou-te-s à Nation le lundi 8 mars 2010 à 18H30 (angle de la rue du Faubourg Saint-Antoine) pour défendre les droits des femmes (et pas de "la femme", l'éternel féminin n'existe pas !) et l'égalité entre les femmes et les hommes.

Tract d'appel à la manif'

dimanche 7 février 2010

Compte-rendu de la réunion du 21 décembre 2009 sur la gestation pour autrui

Actualités

1. Bilan du 25 novembre – Journée mondiale de lutte contre les violences

L’édition 2009 de la Journée nationale de mobilisation et de lutte pour l’éradication des violences faites aux femmes, programmée le 25 novembre, fut l’occasion, pour le gouvernement, de déclarer la lutte contre les violences faites aux femmes cause nationale pour 2010. Cette annonce intervient un an jour pour jour après la visite du Collectif national pour les Droits des Femmes à l’Assemblée et le dépôt d’une pétition appelant à une loi-cadre sur ces violences. Si ladite pétition n’eut pas l’effet escompté par ses 60 000 signataires, elle aboutit à la création d’une mission d’information consacrée aux violences faites aux femmes, qui est en passe de déboucher sur un vaste projet de loi.

Une série de mesures destinées a d’ores et déjà été annoncée, notamment : • en matière pénale, la création d'un délit de violence psychologique • en matière civile, la création future d’un "régime juridique de référé-protection" afin de protéger dans l'urgence certaines victimes avant même que celles-ci n'aient décidé de porter plainte. • la possibilité d’éloigner les concubins et pacsés violents, et plus seulement les maris • l'expérimentation du bracelet électronique pour éloigner les conjoints violents.

"Le gouvernement est également prêt à examiner" la création d'un délit de mariage forcé, a-t-il aussi précisé.

Près de 160 femmes sont mortes en 2008 sous les coups de leur compagnon tandis que près de 700.000 ont été victimes de violences en deux ans.

__2. Egalité femmes-hommes

2.1. Bientôt un bonus-malus pour l'égalité professionnelle hommes-femmes ?__

Le ministre du Travail Xavier Darcos va élaborer une loi en 2010 pour parvenir à l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Le ministre du Travail Xavier Darcos a estimé mardi que la situation actuelle, en termes notamment d'écarts de rémunération entre les hommes et les femmes, était "inacceptable". "Quand on discute avec nos partenaires étrangers, et qu'on leur montre nos chiffres, on finit par avoir honte", a-t-il déclaré devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis). "Mon calendrier, c'est de faire une loi en 2010", a-t-il indiqué, ajoutant que le but était "de supprimer les écarts" de rémunération et de représentation des femmes au sein des entreprises "au 31 décembre 2010". M. Darcos a ajouté qu'il réunirait "avant la fin du mois" la commission nationale de la négociation collective pour que les partenaires sociaux engagent une négociation sur le sujet.

M. Darcos n'a pas exclu à terme la création "d'un système de bonus-malus" pour les entreprises. "En attendant, je crois beaucoup à la transparence et peut-être, avant le bonus-malus, je proposerai qu'on fasse un système de transparence et de publication des résultats" des entreprises. Le ministre a par ailleurs estimé qu'"un quota uniforme dans les entreprises" n'était "peut-être pas la bonne solution" pour assurer une meilleure représentation des femmes. "On ne va pas exiger que dans des métiers de force il y ait autant d'hommes que de femmes", a-t-il expliqué, jugeant qu'il fallait arriver "à une structure des carrières et une représentation de l'égalité hommes-femmes qui soit à due proportion par rapport à la structure des entreprises elles-mêmes".

Cette proposition opère une confusion et un glissement, depuis le débat sur la rémunération vers le débat sur la présence des femmes dans les instances dirigeantes, d’autant que les quotas devraient être établis en fonction de la présence actuelle. Cette idée va dans le sens d’une argumentation en plein essor, qui justifie l’entrée des femmes à des postes dirigeants par la plus grande efficacité des entreprises qui comptent une ou plusieurs femmes dans leur conseil d’administration.

2.2. Une enquête montre qu'une naissance accroît les inégalités entre hommes et femmes

Arnaud Régnier-Loilier, démographe à l'Institut national d'études démographiques (INED) et spécialiste de la famille.

" L'arrivée d'un enfant accentue le déséquilibre du partage des tâches domestiques entre hommes et femmes, écrit-il dans le bulletin de l'INED Population & Sociétés. Ce sont elles qui s'éloignent du marché de l'emploi, elles aussi qui prennent davantage en charge les tâches domestiques. " Arnaud Régnier-Loilier s'est appuyé sur une enquête internationale qui a permis, en France, d'interroger plus de 2 000 couples. Hommes et femmes ont été invités à deux reprises, en 2005 et 2008, à mesurer leur participation à sept tâches ménagères : la préparation des repas, la vaisselle, les courses alimentaires, le repassage, l'aspirateur, la tenue des comptes et l'organisation de la vie sociale de la famille. Parmi les couples interrogés, un quart a eu un enfant entre les deux enquêtes. Ce travail montre, qu'aujourd'hui comme hier, les femmes assument l'essentiel des tâches domestiques. Parmi celles de 20 à 49 ans vivant en couple, 80 % s'occupent toujours ou le plus souvent du repassage et 70 % de la préparation quotidienne des repas. La tâche la moins mal partagée au sein du couple est la gestion de la vie sociale - invitations chez des amis, préparation des vacances, relations avec la famille -, mais même là les femmes s'impliquent nettement plus que les hommes. Trois ans après ces résultats, une seconde vague d'entretiens a permis de mesurer si l'arrivée d'un enfant bouleversait la règle du jeu. La réponse est oui, mais pas dans le sens de l'égalité. " Une naissance accentue le déséquilibre du partage des tâches entre conjoints, constate M. Régnier-Loilier. Il devient particulièrement prononcé chez les couples ayant déjà un ou plusieurs enfants au premier entretien et qui se retrouvent avec un enfant supplémentaire de moins de 3 ans. " La dissymétrie se creuse pour la plupart des tâches domestiques : préparation des repas, courses alimentaires, passage de l'aspirateur ou tenue des comptes. Chez les couples qui n'ont pas eu de nouvel enfant, le partage des repas n'a ainsi pas bougé d'un pouce en trois ans. Chez ceux qui ont accueilli un bébé, le déséquilibre s'est accentué : la proportion de femmes s'occupant de la cuisine est passée de 51 % à 58 % lorsque le bébé est le premier enfant du couple, de 72 % à 77 % lorsqu'il a été précédé de frères ou soeurs. Ces inégalités sont liées au décrochage professionnel des femmes. A la naissance d'un enfant, nombre d'entre elles délaissent le marché du travail : 25 % des femmes qui ont accouché d'un premier bébé entre 2005 et 2008 ont cessé ou réduit leur activité, 32 % parmi celles qui ont eu un enfant supplémentaire. Envie de profiter d'un moment privilégié, souci de se conformer aux modèles sociaux, nécessité d'avoir du temps pour absorber le surcroît de travail domestique : tout se mêle pour éloigner les femmes du marché du travail. Qu'il ait été désiré ou contraint, ce choix finit cependant par les confiner dans le rôle traditionnel de la femme au foyer et accentue encore le déséquilibre au sein du couple. " Le changement de situation professionnelle de la femme explique une bonne partie de l'évolution de l'organisation ménagère, souligne le démographe. Si elle a réduit ou cessé son activité, elle prend en charge plus souvent les tâches les plus quotidiennes (repas, vaisselle). " Ce bouleversement des équilibres qui régissent le couple au quotidien ne se fait pas de gaieté de coeur : les femmes qui assurent presque toute l'organisation ménagère sont celles qui se disent le moins satisfaites de leur vie familiale. Et leur amertume croît avec le nombre d'enfants : 50 % des mères d'au moins trois enfants déclarent des taux d'insatisfaction élevés, contre 40 % des mères de deux enfants et 30 % des femmes sans enfants. Les hommes, en revanche, ne semblent pas mécontents de la situation : le nombre d'enfants, qui n'influe en rien sur leur taux d'activité, ne pèse aucunement sur leur degré de satisfaction. Selon M. Régnier-Loilier, l'insatisfaction des femmes est liée au creusement du déséquilibre dans la répartition des tâches. " L'arrivée d'un enfant s'accompagne de tâches supplémentaires, parentales notamment, le plus souvent assumées par les femmes, écrit-il. Ajoutée à la dégradation de la répartition des tâches ménagères, cela pourrait rendre compte de l'insatisfaction plus forte des femmes ayant eu un enfant. (...) Malgré l'idéal d'égalité, la répartition des tâches au sein du couple reste fortement déséquilibrée. "

__3. Contraception

3.1. Pass contraception en région__

Se présentant sous la forme de chèques contraception, le Pass’ introduit par la région Poitou-Charentes dans plus de 90 lycées doit faciliter l’accès des jeunes femmes aux médecins et gynécologues, ainsi qu’aux différents moyens de contraception. Ce dispositif, centré autour de l’infirmière scolaire, participe de la prévention des grossesses précoces.

Pour Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Mouvement français pour le Planning Familial :"Ce dispositif s'inscrit dans une "logique de prévention" qui permettra un meilleur maillage du territoire. Le "Pass contraception" proposé par la région Poitou-Charentes n'est rien d'autre qu'un bout de papier qui donne accès, entre autres, à une prescription médicale ! L'objectif est d'éviter que des jeunes se retrouvent avec des grossesses non désirées. C'est une bonne chose de donner aux mineures un meilleur accès à l'information en la matière. On est dans une logique de prévention.

Il y a tout de même un détail qui nous chiffonne dans le dispositif. Les informations que nous avons eues montrent que le "Pass contraception" permettra de délivrer uniquement des contraceptifs oraux – pour faire court : la pilule. On sait très bien que la meilleure contraception, c'est celle que l'on choisit, celle qui correspond le mieux à ses envies, à ce que l'on est, à ce que l'on vit. La pilule n'est pas forcément adaptée à toutes les jeunes filles. C'est pourquoi nous aurions préféré un chèque qui donne aussi accès aux préservatifs et à tous les autres modes de contraception. Ce dispositif sera probablement intéressant pour ceux qui vivent en milieu rural. D'autres structures que le Planning familial proposent d'ores et déjà un accès à la contraception. Mais le maillage est par endroit insuffisant et il semble que ce dispositif ait été conçu pour pallier ce manque. De ce point de vue-là, tout ce qui permettra un meilleur accès des jeunes – et des filles en particulier – aux structures prescriptrices doit être mis en place."

A la suite des remontrances du ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, le rectorat a suspendu le programme Pass’Contraception pour cause d’insécurité juridique, confiant la garde des carnets aux directeurs d’établissement. Les infirmières scolaires ne sont pas autorisées à conserver ou distribuer des deniers publics.

3.2. Droit à l'avortement : les associations sont de plus en plus inquiètes

Environ 200 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) sont pratiquées chaque année en France. Mais, selon les associations pour le droit à l’avortement, effectuer une IVG s’avère aujourd’hui de plus en plus difficile. Chaque année, et malgré l’extension du délai de praticabilité de l’IVG, plus de 5 000 Françaises ou résidentes partent avorter à l’étranger, les centres souffrant d’encombrements. Pour rappel aussi, dans un cas sur trois, l’IVG concerne une femme qui pratique une contraception stable ; il est donc vain de prétendre évaluer l’échec de la prévention des grossesses non désirées par voie de contraception à l’aune du nombre d’avortements pratiqués.

Entre 1999 et 2005, 50 sites dédiés aux IVG ont fermé leurs portes en région parisienne, dont 14 à Paris. Depuis le printemps, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP) a fermé trois de ses centres IVG, ceux de l’hôpital Tenon et de Broussais à Paris, et celui de Jean-Rostand à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). L’APHP envisage également de fermer celui de l’hôpital Avicenne à Bobigny (Seine-Saint-Denis), mais assure que ces structures devraient être transférées dans d’autres établissements. « A Bordeaux ou Nantes, des centres sont aussi obligés de réduire leur activité du fait de restructurations ou de manque de personnel », souligne Marie-Laure Brival, de l’association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception (Ancic).

De moins en moins d’avortements dans les cliniques. Cette pratique n’est pas jugée « rentable » par les établissements privés, qui rechignent à accueillir les femmes en demande. Or, en Ile-de-France, contrairement à la province où les IVG se font principalement à l’hôpital, la moitié des femmes se font avorter dans le privé. Un secteur qui, comme s’en indigne la Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception, « ne respecte pas toujours les tarifs réglementaires et refuse parfois de prendre en charge les mineures ou les étrangères sans papiers ». « Les médecins n’ont jamais considéré que l’IVG était un acte médical. Du coup, ce sont les premières interventions touchées en cas de coupe franche, déplore Marie-Laure Brival. Une femme ne devrait pas avoir à faire des kilomètres pour avorter, mais du fait des regroupements de centres, il est de plus en plus dur de pratiquer une IVG près de chez soi. »

Des délais d’attente de plus en plus longs. Il faut actuellement attendre deux à trois semaines pour avorter en Ile-de-France, alors que la Haute Autorité de santé recommande une prise en charge sous cinq jours. Les fermetures et fusions de services font craindre aux associations un risque d’allongement des délais de recours à l’IVG dans les mois qui viennent et une complication des démarches et de l’accueil des femmes.

4. La réforme territoriale : «Il y aura proportionnellement moins de femmes élues»

La sénatrice (PS) Michèle André, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat, dénonce le mode de scrutin des futurs conseillers territoriaux, craignant une régression de la parité homme-femmes. Alors que le Sénat commence, ce mardi, l’examen du premier texte sur la réforme territoriale, qui porte sur le raccourcissement des mandats des conseillers généraux et régionaux, Michèle André s’inquiète du mode de scrutin des conseillers territoriaux qui les remplaceront. Selon la présidente (PS) de la délégation aux droits des femmes du Sénat, le système choisi par le gouvernement risque de «défavoriser très largement la parité hommes-femmes». Et les promesses du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui s’est dit «ouvert à toute proposition» pour «sécuriser» la parité, ou du secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, qui plaide pour des «sanctions financières conséquentes», n’ont pas suffi à la rassurer. Les conseillers territoriaux qui doivent remplacer les conseillers généraux et régionaux seraient élus, pour 80% d’entre eux, au scrutin uninominal à un seul tour et, pour les 20% restants, à la proportionnelle. Dès le départ, les trois délégations aux droits des femmes - à l’Assemblée nationale, au Sénat et au Conseil économique et social - ont fait savoir que ce mode de scrutin, inconnu en France, allait très largement défavoriser la parité hommes-femmes. On revient à une élection dans des cantons, où l’on retrouve souvent des candidats déjà en place, c’est-à-dire... des hommes. C’est le cas pour l’élection des conseillers généraux qui comptent seulement 12% de femmes. En revanche, les conseillers régionaux, élus à la proportionnelle, sont à 48% des femmes. Un système de pénalité a déjà été mis en place pour les élections législatives. Or, ces sanctions financières semblent laisser indifférents les principaux partis. Le passage au scrutin uninominal promet de ramener les assemblées locales au niveau de l’assemblée nationale, qui compte à peine 18% de femmes, soit moins qu’en 1946. Les petits partis ont moins de difficultés à présenter des femmes, probablement parce qu’ils ont, de toutes façons, peu de sièges. __ 5. Parentalité__

5.1. L'accouchement sous X permet d'éviter des drames familiaux

Danielle Gaudry, gynécologue et membre du bureau confédéral du Planning Familial, dénonce une décision de justice remet en cause le principe de l'accouchement sous X : "La décision du tribunal ouvre une brèche pour la jurisprudence. Aujourd'hui, ce sont les grands-parents qui demandent la garde, demain ce sera le géniteur, le frère, les beaux-parents... Avec cette décision, le tribunal a fait fi du choix de la mère qui voulait accoucher sous X. Le fait que l'Etat ne fasse pas appel de cette décision signifie implicitement qu'il l'approuve. Les femmes doivent pouvoir décider si elles veulent ou non accoucher dans l'anonymat. Nous avons toujours défendu l'accouchement sous X et nous continuerons de le faire. Les femmes qui prennent cette décision le font car elles n'ont pas d'autres choix. Nous voyons beaucoup de jeunes filles qui ont subi des violences comme l'inceste ou le viol, qui sont très jeunes ou seules et pour qui, garder l'enfant, est absolument impensable. L'accouchement sous X permet d'éviter des drames familiaux comme le suicide ou même l'infanticide. Cette mesure est la seule solution pour que ces enfants naissent dans de bonnes conditions. Remettre en question cette loi risque de mettre en danger la mère et l'enfant. L'accouchement sous X offre aux femmes qui ne peuvent -ou ne veulent- avoir recours à l'IVG la possibilité d'avoir un vrai suivi médical et psychologique. Or, si elles ont peur de ne pas pouvoir accoucher dans l'anonymat, elles risquent de ne pas se faire suivre tout au long de leur grossesse et d'accoucher dans de mauvaises conditions... Mettre fin à l'accouchement sous X peut également provoquer une recrudescence des abandons d'enfants –ce qui est interdit en France. Abandonner un enfant et le confier à l'Etat est une démarche tout à fait différente et qui peut avoir un impact important sur le développement des enfants. L'accouchement sous X doit rester un droit.

5.2. Mères porteuses en toutes légalités

Des médecins et juristes venus de pays autorisant la gestation pour autrui ont évoqué leur expérience devant des couples français. Beaucoup sont venus en couple. Dans le public, leurs mains s’étreignent. Avides d’informations, parfois de réconfort. Ce sont des couples dont le désir d’enfant ne prend pas le même chemin que pour la majorité des gens. Car ces femmes ne peuvent pas porter de bébé suite à un cancer précoce, une malformation génitale, ou une exposition in utero au Distilbène (médicament prescrit aux femmes enceintes interdit en 1977)… Certaines n’ont plus d’utérus. Les voilà privées de grossesse. Pour ces couples, la gestation pour autrui (GPA), interdite en France, est une réponse médicale à leur infertilité, et un espoir. Ce samedi, ces hommes et femmes étaient à une rencontre organisée par l’association Clara (Comité de soutien pour la légalisation de la GPA et l’aide à la reproduction assistée), fondée par Sylvie et Dominique Mennesson, un couple de Français qui, pour avoir eu des jumelles grâce à une mère porteuse américaine en 2000, dans un cadre légal, ont été poursuivis par la justice française. Le colloque se tenait à la mairie du XIe arrondissement de Paris, avec la bénédiction du maire, Patrick Bloche, et de Serge Blisko. Les deux députés socialistes ont promis de porter à l’Assemblée une demande de «régulation» de la GPA, pour «adapter la loi à la réalité de la société». Dans des dizaines de pays (dont l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil, la Corée du Sud, l’Iran, le Danemark, la Géorgie, les Pays-Bas, la Roumanie, la Russie, l’Ukraine, l’Australie), cette pratique est déjà autorisée et encadrée. Médecins et juristes, sont venus du monde entier pour en parler.

Gestation pour Autrui

Invité, Jean-Michel Clément, président de la commission « Parentalités » d’Homosexualité et Socialisme, et rédacteur de la contribution d’HES aux Etats généraux de la bioéthique.

Etat du Droit et contexte : Le juge français ne reconnaît aucune forme de gestation pour autrui, qu’il s’agisse de mères porteuses, ou de simples gestatrices, qui portent un enfant conçu à partir des gamètes d’autrui. L’arrêt rendu en 1991 par la Cour de Cassation dans l’affaire Alma Mater s’est vu confirmer dans la loi de bioéthique de1994. La gestation pour autrui est déclarée nulle, la porteuse pouvant seule être considérée comme la mère de l’enfant ; elle encourt de surcroît des poursuites pour trouble à l’ordre public. Cependant, depuis 1994, des pays aussi divers qu’Israël, le Canada ou le Royaume Uni, ayant dépénalisé ou encadré la gestation pour autrui, des couples infertiles pratiquent l’exil procréatif. Pour ne citer que les extrêmes, deux tendances se dégagent dans la manière d’opérer cette gestation pour autrui : - En Inde ou en Ukraine, elle s’inscrit dans un rapport marchand, la gestatrice étant rémunérée et anonyme. - Aux Etats-Unis, Canada ou en Israël, le dispositif incite à la création d’un lien particulier de couple à couple. C’est un rapport non marchand, sans véritable rémunération de la gestatrice. L’exil procréatif ne pouvait se développer sans conséquences en France. En octobre 2007, la Cour d’appel de Paris autorise la transcription des actes d’état civil d’un enfant né en Californie sous une Convention de maternité pour autrui. Le 17 décembre 2008, la Cour de Cassation annule cette décision. Pour autant, la question, ignorée par la révision de la loi de bioéthique en 2004, revient sur le devant de la scène. Un groupe de travail sénatorial émet un rapport favorable à une gestation pour autrui, posant comme condition un encadrement strict de la procédure.

La réflexion portée par Homosexualités et Socialisme (HES) s’inscrit dans ce contexte, et participe aux Etats généraux de la bioéthique qui doivent préparer une nouvelle révision de la loi en 2010. Publiée en avril 2009, cette prise de position voit le jour après 18 mois d’auditions. De manière plus générale, elle s’inscrit en cohérence avec la démarche d’HES, pour la reconnaissance de l’homoparentalité, et des « nouvelles familles », démarche qui implique redéfinition de l’autorité parentale et distinction entre engendrement et filiation.

Le débat n’en reste pas moins complexe, soulevant bien des inquiétudes. La première, une question qui semble revenir sur toutes les lèvres, concerne l’objectivation de la femme, réduite à un ventre, ce que la gestation pour autrui favorise, et implique très certainement dans le cadre d’un rapport marchand.

1ère question : les motivations de la gestatrice.

A cette inquiétude, nous pouvons opposer les études réalisées par des chercheurs français ou étrangers dans les pays qui l’autorisent et encadrent.

Desdites études, il ressort que les gestatrices perçoivent leur rôle de manière positive, comme faisant le bien en aidant à la création d’une famille. Il est étonnant que cette motivation, ce désir de faire le bien, soit retenue par les pouvoirs publics, aussi sont-elles soumises à examens psychologiques pour obtenir un agrément, et le nombre d’actes est limité (proposition d’HES : deux GPA au plus).

2ème question : vulnérabilité des gestatrices

Les mêmes recherches observent que l’écrasante majorité des femmes gestatrices travaille à des postes relativement bien rémunérés, dans des professions qui les mettent en contact avec la société. Cela étant, puisque l’on sait les risques encourus par les femmes au cours de leur grossesse, les seules volontaires retenues doivent déjà avoir vécu une grossesse sans difficulté. Par ailleurs, l’on connaît les incidences de l’enfantement sur la vie professionnelle d’une femme ; un dédommagement doit être envisagé, peut-être sur le modèle du don d’ovocytes, via la branche famille de la Sécurité sociale, ou à la façon des Britanniques, pour une somme à fixer par le juge dans une fourchette allant de 8 000 à 16 000 euros.

3ème question : statut de la gestatrice

Cette question amène à définir notre conception de la maternité, entre une maternité utérine (la mère est celle qui accouche), biologique (génétique) ou sociale (c’est un processus psychique qui conduit à se sentir parent). Les milieux féministes se partagent sur le sujet. Il n’en reste pas moins que, dans le cadre de la seule gestation pour autrui, où la gestatrice ne donne pas d’ovocyte, les droits parentaux iraient aux seuls parents d’intention, la gestatrice renonçant à tous les droits sur l’enfant qu’elle aura porté. Une relation peut se nouer, celle de « la personne en plus », dans le cadre d’une « pluriparentalité » mais ne saurait revêtir un caractère obligatoire. Sur le plan juridique, cela reviendrait à adapter le modèle de l’adoption aux particularités de la gestation pour autrui.

4ème question : conséquences sur les enfants

Les enfants nés de gestation pour autrui semblent évoluer à l’instar des autres. Les seules remarques, là encore, se dessine un lien avec l’adoption. En effet, s’il apparaît profitable à l’enfant de lui dire la vérité sur son mode de naissance, les parents, de leur côté, cèdent à la tentation, surinvestissant l’enfant tant attendu. Il est proposé que les futurs parents, quant à eux, fassent état d’un projet cohérent, sur le modèle du projet parental réclamé par l’adoption.

En définitive, aucune conséquence néfaste n’étant à relever pour peu que la gestation pour autrui soit encadrée, il s’agit, selon le mot de Jean-Michel Clément, d’un « crime sans victime », situation paradoxale qui appelle, davantage qu’une dépénalisation, une autorisation et un dispositif.

Néanmoins, des résistances demeurent. Si la contribution d’Homosexualités et Socialisme peut convaincre, rien ne relie l’introduction de la gestation pour autrui à la reconnaissance de l’homoparentalité. De plus, si les conséquences négatives sont nulles, et leur pendant positif considérable pour les couples en souffrance, l’autorisation de la gestation pour autrui semble marquer un pas supplémentaire en direction du droit à l’enfant. En effet, c’est la nature seule qui rendait ce droit illusoire, la science permet de contourner la nature et de rejeter la frustration. Nous pouvons toujours considérer que l’encadrement permet d’éviter d’inscrire dans les textes un droit à l’enfant, dans les faits, ce serait l’établir.

dimanche 20 décembre 2009

Réunion de la commission sur la gestation pour autrui le 21 décembre à 20H00

La perspective de la révision des lois de bioéthiques et les prises de positions de partenaires du PS, comme Homosexualité et Socialisme, exige de notre part un travail de réflexion sur les sujets, comme la gestation pour autrui, qui entremêlent les biotechnologies, la parentalité et la conception de la famille dans notre société.

Vous êtes toutes et tous invités à venir en débattre autour de Jean-Michel Clément, auteur de la contribution d'Homosexualité et socialisme sur la gestation pour autrui, le lundi 21 décembre à partir de 20H00 au local de permanence de Danièle Hoffman-Rispal, 69 rue de la Fontaine au Roi, Paris 11ème.

mercredi 28 octobre 2009

Le 25 novembre, luttons contre les violences faites aux femmes !

En France, tous les deux jours et demi, une femme meurt sous les coups de son conjoint. Il faut le marteler, le dire encore et encore dans la cité : les violences faites aux femmes demeurent une réalité quotidienne, inhumaine et injustifiable encore aujourd’hui.

La mairie de Paris a édité une brochure recensant toutes les initiatives prises par les mairies d'arrondissement et les associations pour lutter contre ce fléau.

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mardi 20 octobre 2009

Compte-rendu de la réunion du 13 octobre 2009 sur la solidarité

La commission pour l’égalité femmes-hommes de la section s’est réunie le 13 octobre dernier en présence de Prunelle Bloch, pour une séance consacrée à la solidarité avec les femmes menacées par l’exclusion.

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samedi 10 octobre 2009

Toutes et tous à la manif du 17 octobre !

Ce samedi aura lieu la première manifestation organisée pour défendre et faire progresser les droits des femmes, à l'occasion de l'arrivée à Paris de la marche mondiale des femmes contre la pauvreté.

Départ à 14H30 de Bastille.

Tract fédéral d'appel à la manifestation du 17 octobre

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La fédération de Paris propose une formation des socialistes au féminisme

Formation fédérale au féminisme

Cette formation sera proposée aux membres de la commission pour l'égalité femmes-hommes de la section ainsi qu'à tous les militants intéressés, afin de mettre au point une version diffusable en assemblée générale.

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Un rapport sur les violences faites aux femmes

La mission parlementaire d'évaluation des politiques de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, dont Danièle Hoffman-Rispal était membre, a rendu ses conclusions en 2009.

Rapport de la mission parlementaire contre les violences faites aux femmes

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Un rapport sur la non égalité professionnelle entre les femmes et les hommes

Synthèse du rapport Grésy sur la non égalité professionnelle Brigitte Grésy a rendu en juillet 2009 un rapport sur la situation des femmes au travail.

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Une image de la femme dans les médias encore archaïque

Brigitte Grésy a rendu en 2008 un rapport sur l'image de la femme dans les médias.

Rapport de Brigitte Grésy sur l'image de la femme dans les médias

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Chiffres 2008 du Ministère du travail sur la situation des femmes en France

Le Ministère a étudié la place des femmes : - en politique, dans la vie associative et la vie économique - au travail - du point de l'accès au droit et du respect de la dignité - du point de vue du partage des tâches - dans le sport

Chiffres 2008 sur la situation des femmes en France

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Compte-rendu de la réunion fondatrice de la commission le 5 mai 2009

La commission fédérale n’abordant pas les questions de parité et de représentation, il paraît important d’y réfléchir en section parce que c’est en exerçant activement leur citoyenneté que les femmes pourront lutter contre les inégalités de salaire, pour le partage des tâches domestiques, etc.

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