Après un long dépouillement, nous pouvons communiquer les résultats principaux du vote de ce 2 décembre sur Paris et pour notre section.

Les résultats du vote sur chacun des amendements fédéraux et de section seront communiqués ultérieurement.
vendredi 3 décembre 2010
Résultats locaux du vote
Par Tristan L. le vendredi 3 décembre 2010, 00:45 - Résultats du vote
mardi 30 novembre 2010
Tous les éléments pour le vote du 2 décembre
Par Tristan L. le mardi 30 novembre 2010, 17:13 - Mode d'emploi et agenda
Le vote sur le texte de la Convention "Egalité réelle" adopté en Conseil national le 9 novembre 2010 sera soumis au vote des militants le 2 décembre, en même temps que les amendements fédéraux adoptés en Conseil Fédéral et que les amendements de la section travaillés en commission.
Jeudi 2 décembre 2010
de 17h à 22 h
VOTE sur le texte
à l'AGECA, 177 rue de Charonne
Télécharger les amendements :
- Amendements fédéraux
- Amendements de notre section
Télécharger les bulletins de vote :
- Vote du texte et des amendements fédéraux
- Vote des amendements de section
vendredi 26 novembre 2010
Contribution du groupe de travail "égalité Femmes Hommes"
Par Julien C. le vendredi 26 novembre 2010, 12:34 - Egalité femmes/hommes
Tu trouveras, en pièce jointe, la contribution du groupe de travail dédié à l'égalité entre femmes et hommes au sein de la commission "égalité réelle"
lundi 15 novembre 2010
Inégalités territoriales, synthèse des propositions
Par Nawel O. le lundi 15 novembre 2010, 18:42 - Inégalités territoriales
Ce sujet a fait l'objet d'un atelier dirigé par Marianne LOUIS, secrétaire nationale à la Politique de la ville et Nathalie PERRIN-GILBERT, secrétaire nationale au logement, avec la contribution de Bernard SOULAGE, secrétaire national aux transports.
Faisant le constat que les territoires apparaissent aujourd’hui comme une photographie tristement révélatrice l'accroissement des inégalités de la société française (de l’accès aux soins à la réussite éducative, des transports au logement, de l’action sociale au tissu associatif, le désengagement de l’Etat met en péril les services publics locaux et les grands projets, et réduit à néant la solidarité territoriale en bridant les partenariats entre collectivités), l'atelier s'est interrogé sur les moyens de remédier à cette situation autour des suivantes :
- Quels sont les moyens pour assurer la solidarité entre les territoires ?
- De l’Etat à la commune, quels partenariats pour une intervention efficace et optimale?
- Autonomie fiscale des collectivités territoriales et/ou péréquation financière. Quel rôle pour l’Etat ?
- Comment réformer l’action publique de façon à la rendre cohérente avec les bassins de vie ? Les spécificités locales et les enjeux territoriaux ne doivent-ils pas être au cœur de politiques de différentiation ?
- Comment la politique du logement peut-elle répondre à l’objectif de mixité sociale dans l’ensemble des territoires ?
L'engagement et les réponses des socialistes sur ce sujet seront fondés sur la mise en œuvre d'un troisième acte de la décentralisation guidé par des exigences de solidarité, d’égalité et de démocratie, sur une réforme de l’action publique dans les territoires et sur le développement d’outils de lutte contre les inégalités territoriales et contre la relégation de catégories entières de population aux marges de la société au moyen, particulièrement, d'une ambitieuse politique de péréquation entre les territoires.
Dans le texte adopté par le conseil national, soumis au vote des membres du Parti socialiste le 2 décembre, ces objectifs se traduisent par les propositions suivantes (chapitre II, C "reconstruire l'égalité entre les territoires") :
1. METTRE FIN AUX GHETTOS
Il s'agit d'un enjeu de réunification nationale et le volontarisme est possible. Il faut une politique de justice territoriale, en faveur d’un équilibrage des richesses et d’un retour massif de l’économie, des emplois et de « la qualité de ville » dans et autour des quartiers de banlieues aujourd’hui isolés.
- Finaliser rapidement les opérations ANRU en cours avec la mobilisation effective des crédits contractualisés par l'Etat.
- Proposer aux collectivités, aux bailleurs, aux représentants de l’Etat de mobiliser toutes leurs énergies dans un Contrat unique de développement humain et de renouvellement urbain (deux volets : urbain sur le logement, les équipements publics, le cadre de vie, les transports, les réseaux numériques, l'accueil des activités économiques, etc. et humain sur l'emploi, la réussite éducative, l'égalité femmes-hommes, la santé). En outre, au-delà de la concertation permanente, les habitants pourront participer à l’évaluation.
- Conclure des contrats de diversité sociale Ville/Etat/Bailleurs sociaux seront signés pour garantir la diversité sociale du peuplement et interdire les relogements au titre du « Droit Au Logement » dans les quartiers en Zone Urbaine Sensible.
- Etablir des « maisons de santé » seront établies dans les quartiers victimes de la désertification médicale en partenariat avec les Régions, les communes et les praticiens qui seront incités à exercer dans des zones peu médicalisées.
- Créer des pôles des services individualisés, ou sera installé un médiateur local susceptible d'aider et d'orienter les habitants et leur proposer également de l’aide juridictionnelle ou un service d’écriture publique.
- Soutenir financièrement les agglomérations qui développeront en banlieue, dans les zones de fort chômage, des zones d’activités rendues attractives par la mutualisation de services (crèches, restaurants inter-entreprises, etc.) accessibles et ouvertes aux activités économiques génératrices d’emplois adaptés aux compétences locales, par des clauses d'exonération et un dispositif d’emploi francs qui attache l’exonération à la personne du demandeur d’emploi – sur un critère d’adresse - plutôt qu’à l’entreprise, permettant ainsi que les emplois créés dans les quartiers ou dans leur voisinage immédiat bénéficient aux habitants des quartiers.
2. REVITALISER LE MONDE RURAL
Rappel : près de la moitié des individus vivent en milieu rural, 8 à 10 millions de citoyens ont un projet de vie à la campagne, et les zones rurales figurent au premier rang des destinations touristiques de France.
- Instaurer un bouclier rural pour se protéger et retisser des liens entre les habitants des campagnes (et entre les villes et les campagnes)
- Garantir à tout citoyen, par des normes adéquates, un temps d’accès maximum aux services essentiels : accueil de médecine générale, école élémentaire et collège, bureau de poste, etc. Par exemple, permettre l’accès à un service d’urgence à moins de 30 minutes, à une maternité à moins de 45 minutes.
- Maintenir une qualité de distribution de l’électricité équivalente à celle des villes.
- Engager dans un véritable programme de couverture numérique universelle qui amène, partout et pour tous, la fibre optique.
- Créer des zones de développement économique rural, accompagnées de nouveaux outils fiscaux, bancaires et réglementaires pour maintenir et faire circuler les richesses générées par les activités productives du monde rural
- Encourager la création de petites entreprises par les habitants. Les banques seront tenues de donner un accès renforcé au crédit aux initiatives économiques de ces territoires, en leur réservant une part de l’épargne qui y est prélevée, et soutenir, dans ces lieux, des actions de développement, la relocalisation des activités, favorisera la transition environnementale de notre économie.
3. POUR LES OUTREMERS, LE REFLEXE D’INCLUSION : RE-LEGITIMER L’ACTION PUBLIQUE ET DEVELOPPER L’INTEGRATION TERRITORIALE
2,4 millions de Français vivent dans l’une des 12 collectivités d’Outremer. Avec les ultramarins installés dans l’Hexagone, l’Outremer représente près de 5 % de la population totale du pays. Le développement économique et social des Outremers doit s’inscrire dans un cadre national et reposer une exigence d’égalité, en priorité pour un socle incompressible (éducation, santé, grandes infrastructures...) de politiques publiques, ce, tout simplement parce qu’en République, il est des écarts insupportables.
Ces inégalités appellent une politique d’intégration territoriale qui emprunterait deux voies :
- l’abaissement du coût des liaisons avec l’Hexagone, avec pour objectif que celui-ci soit au moins inférieur à celui entre l’Europe et les pays environnant les Outremers
- un programme volontariste dans le logement social et d’infrastructures de transports visant à conforter le développement des activités économiques et à désenclaver certaines zones.
4. LA MOBILITE ENTRE LES TERRITOIRES
L’enclavement précède, accompagne et suit la désertification. La politique des transports doit répondre à deux impératifs : garantir à chaque individu le droit à la mobilité et à réduire les émissions de gaz à effets de serre. L’ambition du parti Socialiste doit être la régulation des transports, comme partie intégrante de la régulation de l’économie.
- L’investissement est nécessaire pour combler les inégalités de desserte entre les territoires, qu’il s’agisse des transports au sein d’une agglomération ou entre régions, et pour atteindre nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Priorité sera donnée aux infrastructures collectives, par l’augmentation des crédits d’investissements et de fonctionnement des transports collectifs.
- Pour lutter contre l’enclavement, les dessertes transversales devront être développées. Une desserte des voyageurs entre villes par TER-GV apparaît comme une piste à explorer.
- Un plan national pour l’achat de matériel roulant et permettant son financement, doit encourager les régions françaises, maintenant dotées de cette compétence, à réaliser une nouvelle étape de la desserte ferroviaire de nos villes.
- Le fret ferroviaire doit être relancé, à rebours de la nouvelle approche portée par la SNCF (fin du wagon isolé, abandon des lignes les moins rentables avec 2000 à 3000 kms de voies en moins) qui aura pour conséquence une accentuation des disparités territoriales.
- Créer des ressources par une forte logique de financement intermodal. Au plan européen, autour de dispositifs tels que «Eurovignette 3», prévoyant le financement d’infrastructures « propres » par des redevances autoroutières plus fortes et d’autres mécanismes en faveur d’un report modal. Au plan national, grâce à une plus grande transparence dans la répartition des charges et des ressources des collectivités locales. Une redistribution des ressources doublée d’une puissante péréquation seront nécessaires pour accompagner ce mouvement.
- Créer une agence nationale du financement des transports, qui garantirait une visibilité dans la durée – et non plus seulement annuelle – des besoins et des moyens à disposition. Ce que l’AFITT ne peut plus faire notamment depuis la privatisation des autoroutes.
- Démocratiser la politique des transports en mettant en œuvre toutes les formes de concertation permettant aux usagers et aux acteurs des services publics de transports de d’entamer le dialogue et agissant pour unifier les tarifications et baisser les coûts pour les usagers, notamment les plus modestes au moyen, par exemple d'un plafonnement du coût des abonnements domicile-travail avec un objectif d’un euro par trajet.
- Rendre contraignante l’obligation d’une présence d’infrastructures de transport pour tout nouveau projet de zone d’activité et de zone d’habitation paraît indispensable.
5. L’EGAL ACCES A LA CIVILISATION NUMERIQUE
L’usage d’Internet conditionne beaucoup de nos libertés : s’exprimer, se former, s’engager et l’accès aux télécommunications est devenu indispensable à une insertion réussie dans la société. En matière de téléphonie mobile, plus de dix ans après la déréglementation du secteur des télécommunications, force est de constater que la domination du marché par quatre acteurs privés en situation oligopolistique se traduit par des prix élevés, des pratiques commerciales contestables... et des profits confortables ! Il faudra ouvrir le débat sur la mutualisation des moyens techniques des opérateurs.
Pour assurer l’accès de tous aux outils numériques de communication nous proposons de :
- Lutter contre les ententes sur les prix entre opérateurs de téléphonie mobile et imposer un tarif social, comme il en existe un en matière d’électricité.
- Maintenir et financer les obligations de service public de France Telecom, notamment la fourniture d’un abonnement au téléphone fixe à tarif réduit.
- Définir une stratégie partagée l’Etat et les collectivités territoriales pour lancer un plan de déploiement sur le territoire de la fibre optique permettant un accès au très haut débit pour tous en dix ans. Cette stratégie définira, au service de l’intérêt général, les investissements des opérateurs privés, dont les obligations de couverture doivent être élargies, et ceux qui relèvent de l’initiative publique. Une péréquation nationale doit accompagner ce co-investissement dynamique, qui ne doit laisser à l’écart aucun territoire.
- Veiller à l’existence de réseaux libres et ouverts et à la neutralité du net, afin de préserver, pour garantir la liberté d’expression, la non-discrimination et de garantir le caractère de bien commun essentiel des infrastructures numériques.
samedi 13 novembre 2010
Une lutte sans relâche contre les discriminations
Par Fabienne D. le samedi 13 novembre 2010, 23:18 - Discriminations
L’égalité réelle passe par la lutte acharnée de la puissance publique contre toute forme de relégation, d’enfermement, d’infériorité en fonction du genre, de la couleur de peau, de l'origine sociale, qu’on soit en situation de handicap ou non, et quelle que soit l'orientation sexuelle
Au-delà des déclarations de principe et des grands discours, nos concitoyens exigent des engagements précis et une action déterminée. Le Parti Socialiste trace 3 axes pour lutter contre les discriminations
.
1. Faire reculer les stéréotypes et les préjugés
2. Mesurer les discriminations pour mieux les combattre
3. Sanctionner les discriminations
vendredi 12 novembre 2010
Egalité entre femmes et hommes, synthèse des propositions
Par Julien C. le vendredi 12 novembre 2010, 16:46 - Egalité femmes/hommes
Tu trouveras, en pièce jointe, un tableau comparant les propositions de l'atelier à l'égalité entre femmes et hommes et les propositions figurant dans le texte adopté par le conseil national du 9 novembre 2010.
mercredi 10 novembre 2010
Le texte voté en conseil national
Par Julien C. le mercredi 10 novembre 2010, 11:42 - Mode d'emploi et agenda
Tu trouveras, en pièce jointe, le texte de la convention égalité réelle, adopté en conseil national le mardi 9 novembre, texte sur lequel nous aurons à nous prononcer le 2 décembre.
samedi 6 novembre 2010
Services Publics universels et personnalisés : résumé des propositions
Par Julie D. le samedi 6 novembre 2010, 19:01 - Services publics personnalisés
Services Publics universels et personnalisés : chat du lundi 8 novembre de 10h à 11h
Par Julie D. le samedi 6 novembre 2010, 17:10 - Services publics personnalisés
Voici un lien sur le chat en question (à cliquer lundi 8 entre 10 h et 11 h).
vendredi 5 novembre 2010
Convention Egalité Réelle, le texte présenté au Bureau National
Par Julien C. le vendredi 5 novembre 2010, 15:23 - Mode d'emploi et agenda
Vous trouverez en pièce jointe le texte présenté en bureau national par Benoît Hamon, le mardi 2 novembre. Ce texte sert de base à la version définitive qui sortira du conseil national le 9 novembre, et sur lequel nous aurons à voter
Condorcet et l'égalité réelle, ou l'origine d'un concept
Par Julien C. le vendredi 5 novembre 2010, 15:12
La notion d’égalité réelle sur laquelle les socialistes se proposent de travailler en cette fin d’année 2010 n’est pas nouvelle. Depuis les dernières conventions du parti, qui remontent à 1997, elle s’est diffusée dans la langue politique, au point de devenir un passage obligé pour toute formation désireuse d’afficher sa modernité. L’égalité réelle a acquis le rang de lieu commun, commun aux analystes du prétendu modèle français et de ses supposés échecs, commun à la gauche dite contestataire ou alternative, commun à une partie de la droite, qui emploie le terme d’égalité réelle pour décrire une société où chacun disposerait des mêmes outils, qu’ils répondent ou non à ses besoins, et ce quel que soit son milieu d’origine. Un lieu commun est une notion ambiguë. Il est incontournable, et le parti socialiste ne peut l’éviter, au risque d’aggraver le retard idéologique qui est apparu lors des élections présidentielles, au printemps 2007. Il est incontournable, mais à mesure qu’il se répand, il perd de sa substance, ses contours s’évanouissent. Sous cet assemblage de sons, des vérités distinctes s’affrontent.
En treize ans, la notion d’égalité réelle s’est diffusée au sein de la société politique, depuis la marge vers le centre ; elle signale la modernité d’un parti, pourtant elle est ancienne. Cette notion et les enjeux qu’elles recouvrent ont fait irruption dans le vocabulaire politique voici plus de deux siècles. En deux cents ans, elle a changé maintes fois de signification, assez pour que l'esprit se brouille à son évocation, pour que son sens se perde, cependant elle demeure liée à son origine, la révolution française.
L’égalité est au cœur de la pensée des Lumières, mais avec la fin de l’absolutisme royale et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, il n’est plus question d’élaborer de vastes théories ni de débattre à n’en plus finir. La Révolution refonde la société, mais cette société n’a pas changé, elle est toujours marquée par l’Ancien Régime, et si les privilèges sont abolis, les corporations dissoutes et les ordres fusionnés en un seul peuple, le paysan demeure dans la dépendance de son seigneur et l’apprenti dans celle de son maître.
Dernier représentant français des Lumières, Condorcet appartient aux premiers révolutionnaires. Tissant un lien entre le temps de la philosophie et le temps de l’action, il est le mieux placé pour caractériser cet enjeu nouveau, mettre en conformité une société ancienne avec ses nouveaux principes, autrement dit, les réaliser. C’est ainsi qu’il écrit, en 1793 qu’« il ne peut y avoir ni vraie liberté, ni justice, dans une société, si l’égalité n’y est pas réelle ».
L’expression voit le jour, mais nous risquons de la lire avec nos outils de pensée, ceux d’un peuple qui accorde une grande importance à l’Etat et voit en lui l’instrument du bien-être matériel de tous, bien-être qui devient la fin de toutes choses. Condorcet est de son temps, il appartient à la dernière époque des Lumières, qui ajoute aux développements sur le Droit Naturel et la Justice, de longs essais sur le progrès. Il a foi en la science ; la réalisation de l’égalité doit reposer sur l’éducation ; « il ne peut y avoir d’égalité, poursuit-il, si tous ne peuvent acquérir des idées justes sur les objets dont la connaissance est nécessaire à la conduite de leur vie. L’égalité de la stupidité n’en est pas une, parce qu’il n’en existe point entre les fourbes et leurs dupes ; et que toute société qui n’est pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans . »
Les disparités sociales, assume-t-il, demeureront, elles sont inhérentes à une société complexe, où les talents, à défaut de la naissance et du patrimoine, mettent de la distance entre deux individus, mais elles ne doivent pas nuire à l’égalité de droits entre les citoyens, ni à l’égalité d’accès au pouvoir, sans quoi la démocratie disparaîtrait, soit qu’une minorité subjugue la majorité, soit que la masse abêtie du peuple prête une oreille trop complaisante aux manipulations de quelques démagogues. L’instruction, qui inscrit dans l’esprit de chacun la connaissance de ses droits et toutes les compétences qui lui permettent de juger, est d’après lui le seul instrument de l’égalité réelle. Ce point de vue, il commence de l’élaborer en 1791, lorsqu’il rédige les Cinq Mémoires sur l’instruction publique ; « Les lois prononcent l'égalité dans les droits, les institutions pour l'instruction publique peuvent seules rendre cette égalité réelle. » Le Droit naturel demeure la base, le fondement du nouveau régime, l’égalité « qui est établie par les lois est ordonnée par la justice ; mais l'instruction seule peut faire que ce principe de justice ne soit pas en contradiction avec celui qui prescrit de n'accorder aux hommes que les droits dont l'exercice, conforme à la raison et à l'intérêt commun, ne blesse point ceux des autres membres de la même société. » L’instruction agit comme un modérateur, et d’abord un modérateur des puissants ; elle inscrit les individus dans la société, rappelle à chacun les limites de sa liberté et des ses droits. Cependant, « il faut … à la fois qu'un des degrés de l'instruction commune rende capables de bien remplir toutes les fonctions publiques les hommes même d'une capacité ordinaire, et qu'un autre n'exige qu'aussi peu de temps que peut en sacrifier à l'étude l'individu destiné à la branche la plus resserrée d'une profession mécanique, afin qu'il puisse échapper à la stupidité, non par l'étendue, mais par le choix et la justesse des notions qu'il recevra. » L’instruction la mieux diffusée agit contre les réflexes oligarchiques qui menacent toute société humaine à prétention démocratique. A travers elle, c’est à l’émergence d’une bureaucratie figée, au service d’une société politique détachée de la société civile, que Condorcet s’attaque ; « autrement on introduirait une inégalité très réelle, en faisant du pouvoir le patrimoine exclusif des individus qui l'achèteraient, en se dévouant à certaines professions, ou on livrerait les hommes à l'autorité de l'ignorance, toujours injuste et cruelle, toujours soumise à la volonté corrompue de quelque tyran hypocrite ; on ne pourrait maintenir ce fantôme imposteur d'égalité qu'en sacrifiant la propriété, la liberté, la sûreté, aux caprices des féroces agitateurs d'une multitude égarée et stupide. »
Sous la plume de Condorcet, l'égalité réelle ne peut se traduire par un nivellement d'une société où chaque Français jouirait de conditions matérielles identiques à celles de son voisin. Elle n'est pas davantage l'intrusion massive d'un État régulateur. Non, le souci de Condorcet, son obsession, n'est pas d'assurer sa subsistance à chacun, mais de garantir à tous une autonomie morale et intellectuelle, de substituer la solidarité et l'échange aux liens de dépendance qui caractérisent alors les rapports du paysan illettré au prêtre, du fermier à son seigneur, de l'apprenti à son maître. Il refuse d’échanger cette dépendance d’individu à individu avec une dépendance vis-à-vis de l’Etat.
Condorcet a lu Adam Smith et le critique, mais il n'annonce pas Marx, pas plus qu'il n'annonce aucun des penseurs socialistes du dix-neuvième siècle. Il évoque le premier la nécessité de réaliser l'égalité pour pérenniser la démocratie. Cette réalisation passe par une tournure d'esprit qui n'a pas pris racine en France tandis qu'elle s'est maintenue aux Etats-Unis, la méfiance vis-à-vis des puissants et du pouvoir. Aux individus les plus puissants, toujours tentés de se séparer du peuple, comme à la tentation bureaucratique, Condorcet oppose une société d’individus conscients de leurs Droits, des institutions, de leur puissance collective.
Annexe 1 : Cinq Mémoires sur l’Instruction Publique, 1791 Premier Mémoire, Titre IV, section 2ème, Pour que la division des métiers et des professions ne conduisent pas le peuple à la stupidité
M. Smith a remarqué que, plus les professions mécaniques se divisaient, plus le peuple était exposé à contracter cette stupidité naturelle aux hommes bornés à un petit nombre d'idées d'un même genre. L'instruction est le seul remède de ce mal, d'autant plus dangereux dans un État, que les lois y ont établi plus d'égalité. En effet, si elle s'étend au-delà des droits purement personnels, le sort de la nation dépend alors, en partie, d'hommes hors d'état d'être dirigés par leur raison, et d'avoir une volonté qui leur appartienne. Les lois prononcent l'égalité dans les droits, les institutions pour l'instruction publique peuvent seules rendre cette égalité réelle. Celle qui est établie par les lois est ordonnée par la justice ; mais l'instruction seule peut faire que ce principe de justice ne soit pas en contradiction avec celui qui prescrit de n'accorder aux hommes que les droits dont l'exercice, conforme à la raison et à l'intérêt commun, ne blesse point ceux des autres membres de la même société. Il faut donc à la fois qu'un des degrés de l'instruction commune rende capables de bien remplir toutes les fonctions publiques les hommes même d'une capacité ordinaire, et qu'un autre n'exige qu'aussi peu de temps que peut en sacrifier à l'étude l'individu destiné à la branche la plus resserrée d'une profession mécanique, afin qu'il puisse échapper à la stupidité, non par l'étendue, mais par le choix et la justesse des notions qu'il recevra. Autrement on introduirait une inégalité très réelle, en faisant du pouvoir le patrimoine exclusif des individus qui l'achèteraient, en se dévouant à certaines professions, ou on livrerait les hommes à l'autorité de l'ignorance, toujours injuste et cruelle, toujours soumise à la volonté corrompue de quelque tyran hypocrite ; on ne pourrait maintenir ce fantôme imposteur d'égalité qu'en sacrifiant la propriété, la liberté, la sûreté, aux caprices des féroces agitateurs d'une multitude égarée et stupide.
Annexe 2 : Journal d’Instruction Sociale, prospectus, 1793
La vérité n’est utile ni à l’orgueil, ni à l’ambition, ni à l’avidité, ni aux passions particulières des individus ; elle ne fait le bien d’un seul qu’en faisant celui de tous. Voilà pourquoi tant d’hommes se sont occupés de séduire les nations, et que si peu ont cherché à les détromper et à les éclairer. Il semblait que l’esprit d’inégalité s’était glissé, en quelque sorte, même dans la philosophie, comme si la vérité ne devait être le patrimoine que de quelques hommes. Satisfaits de la gloire de l’avoir trouvée, ils ne cherchaient à la répandre que parmi ceux dont le suffrage flattait l’amour-propre. Souvent même ils se plaisaient à la cacher ; on voulait bien avoir des disciples ou des lecteurs, mais on abandonnait la masse entière des hommes à son inattention et à ses erreurs. Ainsi, des préjugés, depuis longtemps détruits pour les sages, continuaient d’asservir les nations. De nouvelles vérités agrandissaient la sphère de la raison humaine ; mais elles demeuraient inutiles au bonheur des hommes qui ne les connaissaient pas. Cependant il ne peut y avoir ni vraie liberté, ni justice, dans une société, si l’égalité n’y est pas réelle ; et il ne peut y avoir d’égalité, si tous ne peuvent acquérir des idées justes sur les objets dont la connaissance est nécessaire à la conduite de leur vie. L’égalité de la stupidité n’en est pas une, parce qu’il n’en existe point entre les fourbes et leurs dupes ; et que toute société qui n’est pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans. Nous ne pouvons en avoir ici qu’une espèce à combattre : les charlatans politiques. Tous ne sont pas des César ou des Cromwell ; mais, en ce genre, il suffit d’un médiocre talent, et souvent d’un bien petit intérêt, pour faire beaucoup de mal. Tous suivent la même marche ; tous veulent être les favoris du peuple, afin d’en devenir les tyrans. Tous calomnient la vertu, jusqu’à ce qu’ils aient le pouvoir de la persécuter. Tous haïssent les talents qui ne s’avilissent pas à les servir. Tous craignent que les lumières ne se répandent, parce qu’ils ne peuvent vaincre qu’en combattant dans les ténèbres. Montrer au peuple les pièges où ces hommes veulent s’engager, est donc un des premiers devoirs des écrivains qui se dévouent à la cause de la vérité et de la patrie. Jamais la tyrannie ne s’est établie, ni maintenue que par l’erreur, et parce que les moyens ou le courage de détromper le peuple ont manqué aux amis de la liberté. Nous nous garderons bien de nous faire, auprès des lecteurs, le moindre mérite d’employer ou d’éviter la métaphysique, d’afficher ou de mépriser la philosophie. La raison est une, et n’a qu’un langage. On peut lui donner différents noms, suivant les objets auxquels on l’applique ; mais elle ne change pour cela ni de nature, ni de méthode.
samedi 30 octobre 2010
«Pour en finir avec les discriminations !»
Par Fabienne D. le samedi 30 octobre 2010, 22:49 - Discriminations
Rapport du 8 octobre 2010 présenté par :Pascale BOISTARD et Najat VALLAUD-BELKACEM / Secrétaires nationales du Parti socialiste
Propositions pour lutter contre les discriminations
Préambule : Lutter contre nos préjugés
L’auteur d’une discrimination n’est pas forcément raciste, homophobe ou sexiste. Lutter contre les discriminations, c’est donc lutter contre nos propres préjugés. C’est pour cette raison que les formations sont nécessaires et doivent être généralisées, malgré les réticences, naturelles, de celles et ceux qui se perçoivent euxmêmes, par exemple comme anti-racistes.
Éducation : Quelques articles et prises de position...
Par Tristan L. le samedi 30 octobre 2010, 17:30 - Education et formation
- Sur l'examen de passage à collège : Jean François Copé a tout faux
- Interview de Bruno Julliard : Bruno Julliard : « Un pacte à reconstruire » (VousNousIls - 29 octobre 2010)
vendredi 29 octobre 2010
Inégalités territoriales : feuille de route
Par Nawel O. le vendredi 29 octobre 2010, 19:31 - Inégalités territoriales
Les territoires apparaissent aujourd’hui comme une photographie tristement révélatrice de la société française : accroissement des inégalités, démission de la puissance publique, défauts dans l’accès aux droits élémentaires. Ce sont les citoyens qui, au quotidien, pâtissent de cette situation : de l’accès aux soins à la réussite éducative, des transports au logement, de l’action sociale au tissu associatif, des millions d’habitants ne bénéficient pas des mêmes services publics, des mêmes conditions de vie, des mêmes moyens.
Tant dans les zones urbaines sensibles que dans les zones rurales désaffectées, des citoyennes et des citoyens sont exclus du pacte républicain et abandonnés par un gouvernement qui ne permet plus à l’Etat de remplir son rôle, d’assurer ses missions d’aménagement, de planification et de régulation. Les collectivités tentaient de pallier ces carences, mais avec la suppression de la taxe professionnelle et la fin de leur autonomie fiscale, elles sont aujourd’hui menacées d’asphyxie financière. Ce désengagement de l’Etat met en péril les services publics locaux et les grands projets, et réduit à néant la solidarité territoriale en bridant les partenariats entre collectivités. Les socialistes oeuvreront au contraire pour un troisième acte de la décentralisation guidé par des exigences de solidarité, d’égalité et de démocratie.
La multiplication des ghettos et des territoires de relégation dans les villes et dans les campagnes n’est plus acceptable. La crise du logement en est exemple frappant. Le renoncement de la puissance publique à produire de véritables logements sociaux dans toutes les communes qui ne respectent pas leurs obligations a accru la ségrégation territoriale.
La réforme de l’action publique dans nos territoires, le développement d’outils de lutte contre les inégalités territoriales et contre la relégation de catégories entières de population aux marges de la société seront au cœur de notre projet de société. Parce qu’elle assure la cohésion du pacte social, l’égalité territoriale est un véritable enjeu républicain qui ne se limite plus à la réparation des dégâts, ce sont avant tout les politiques de droit commun qui doivent être assurées. Nous oeuvrerons en faveur de l’égalité réelle par une ambitieuse politique de péréquation entre les territoires.
- Quels sont les moyens pour assurer la solidarité entre les territoires ?
- De l’Etat à la commune, quels partenariats pour une intervention efficace et optimale?
- Autonomie fiscale des collectivités territoriales et/ou péréquation financière. Quel rôle pour l’Etat ?
- Comment réformer l’action publique de façon à la rendre cohérente avec les bassins de vie ? Les spécificités locales et les enjeux territoriaux ne doivent-ils pas être au cœur de politiques de différentiation ?
- Comment la politique du logement peut-elle répondre à l’objectif de mixité sociale dans l’ensemble des territoires ?
Calendrier national et fédéral
Par Nawel O. le vendredi 29 octobre 2010, 19:30 - Mode d'emploi et agenda
Mardi 2 novembre : Présentation du projet de texte au Bureau national.
Mardi 9 novembre : Adoption par le Conseil national du texte soumis au vote des militant.e.s, qui sera disponible sur le site du Parti dès le 9 novembre.
À partir du 10 novembre : Arrivée du texte chez les adhérent.e.s. Puis discussion et vote dans les sections.
Samedi 20 novembre, après-midi : Colloque fédéral autour de la convention Égalité réelle. ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 (RER B Luxembourg)
Mardi 23 novembre : Assemblée générale de la Fédération, avec Benoît Hamon. Ouverte à tou.te.s les militant.e.s. FIAP, 30 rue Jean Cabanis, 75014 (métro Glacière)
Jeudi 2 décembre, 17-22 h : Vote des militant.e.s.
Vendredi 3 décembre : Convention fédérale AGECA, 177 rue de Charonne, 75011 (métro Charonne ou Alexandre Dumas)
Samedi 11 décembre : Convention nationale d'adoption du texte, présidée par Benoît Hamon. Halle Freyssinet, 55 boulevard Vincent Auriol, 75013 Paris (métro Quai de la Gare ou Chevaleret). Tou.te.s les militant.e.s peuvent y assister.
Calendrier de la section
Par Nawel O. le vendredi 29 octobre 2010, 19:28 - Mode d'emploi et agenda
Jeudi 4 novembre, 20 h : Première réunion de la commission. Mise en place des ateliers AGECA, 177 rue de Charonne, 75011 (métro Charonne ou Alexandre Dumas)
Mardi 16 novembre, 20 h : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA SECTION. Présentation du texte par les animateurs de la commission, suivie d'un débat. AGECA, 177 rue de Charonne, 75011 (métro Charonne ou Alexandre Dumas)
Mercredi 24 novembre, 20 h : Deuxième réunion de la commission. Discussion et synthèse. AGECA, 177 rue de Charonne, 75011 (métro Charonne ou Alexandre Dumas)
Jeudi 2 décembre, 17-22 h : Vote des militant.e.s. Peuvent voter tou.te.s les adhérent.e.s, à jour de cotisation, ayant adhéré avant le 2 juin 2010. N.B. Ce vote sera couplé avec le vote d'investiture de la liste des candidat.e.s socialistes parisien.ne.s aux élections sénatoriales de 2001.
Convention égalité réelle - mode d'emploi
Par Nawel O. le vendredi 29 octobre 2010, 19:27 - Mode d'emploi et agenda
La Convention Égalité réelle, pilotée au niveau national par Benoît Hamon, et qui clôt pour cette année le cycle de nos conventions, aura lieu le 11 décembre. D'ici là, les militant.e.s sont invité.e.s à participer aux débats et à faire remonter leurs contributions. Des quatre conventions qui auront eu lieu cette année, cette convention Égalité réelle est sans doute celle qui couvre le champ le plus large et qui concerne au plus près la vie des gens. Il s'agit en effet de réfléchir aux moyens de combattre toutes les formes d'inégalités et de discriminations, qu'elles soient sociales, territoriales, scolaires, culturelles, liées à l'origine, au genre, etc. Après avoir dessiné l'architecture d'un nouveau modèle de développement, après avoir esquissé le cadre international et européen dans lequel nous voulons nous inscrire, après avoir défini de nouvelles règles de fonctionnement de notre parti et ses rapports avec les institutions, il s'agit de réfléchir à des politiques concrètes susceptibles de "changer la vie" des gens, notamment de ceux qui subissent les inégalités. Afin d'animer le débat, nous mettons en place dans notre section un dispositif qui s'articule avec le dispositif national et fédéral, dont tu trouveras le détail ci-dessous. Un blog spécialement dédié à la convention a été créé : http://blog.ps-paris11.org/convention/
D'ores et déjà, tu peux prendre connaissance des textes préparatoires sur le site du Parti : http://www.parti-socialiste.fr/egalite/mode-d-emploi Tu y trouveras aussi les indications pour faire parvenir des contributions aux ateliers nationaux, soit par la Coopol, soit en les envoyant à : conventionegalite@parti-socialiste.fr
Une commission de préparation de la convention, ouverte à tou.te.s les militant.e.s, est mise en place. Elle est co-pilotée par Nawel Oumer (inégalités territoriales, n.oumer@free.fr), Fabienne Debarge (discriminations, demo2004@msn.com), Tristan Lindeperg (éducation, tristan1538@hotmail.com), Julien Cros (égalité femmes/hommes, juliencros@hotmail.com), Julie Dusseaux (services publics, julie.dusseaux@hotmail.com).
Tou.te.s les camarades sont invité.e.s à participer au travail de cette commission, en assistant aux réunions ou en envoyant des contributions. Celles et ceux qui , à partir de la réception du texte, souhaiteront déposer des amendements devront les faire parvenir à la commission avant le 23 novembre. Aucun amendement ne pourra être soumis au vote des adhérent.e.s s'il n'a pas été présenté devant la commission.
Le blog "Convention égalité réelle" a été spécialement créé pour faciliter le partage et la circulation des textes postés par les animateurs de la commission de préparation et permettre aux militants d'y réagir.
À propos du format ICS